Londres envisage d'assurer les actifs pourris des banques

E24 avec AFP

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Plan de sauvetage britannique, acte II. Le gouvernement de Gordon Brown annoncera lundi un nouveau plan d'aide au système financier, après celui lancé en octobre, a déclaré le Premier ministre britannique dimanche 18 janvier. "Nous avons recapitalisé les banques. Nous avons injecté de l'argent dans l'économie. Nous savons que le problème essentiel des banques au niveau international, c'est la relance des prêts. C'est ce que nous allons faire demain" (lundi), a indiqué Gordon Brown.

Selon les médias britanniques, cette nouvelle phase devait consister à assurer sur les deniers publics les actifs à risque des banques, selon les médias. Le programme pourrait porter sur 100 milliards de livres (110 milliards d'euros) d'actifs douteux, selon le Sunday Times. Les experts évaluent à 200 milliards de livres (220 milliards d'euros) le montant total des actifs à risque que possèdent les banques britanniques.

Londres avait déjà lancé en octobre un programme de 37 milliards de livres (41 milliards d'euros). Cet argent avait servi à recapitaliser les banques. Il avait conduit à la nationalisation partielle de plusieurs d'entre elles, dont RBS et Lloyds TSB/HBOS.

Le nouveau plan qui doit être annoncé lundi "ou un jour ou deux plus tard", selon la BBC, ne concernera pas cette fois-ci une injection directe d'argent dans les banques. Il s'agira plutôt pour le gouvernement d'assurer, moyennant des frais, les actifs "pourris" des instituts. L'Etat assumerait ainsi les éventuelles pertes qui pourraient découler de ces actifs. Mais ces derniers resteraient dans la comptabilité des banques et ne seraient pas réunis dans une "banque pourrie", comme il avait été envisagé dans un premier temps.

Rassurer les investisseurs, tel est l'objectif de ce programme, au moment où les banques doivent annoncer leurs résultats pour 2008. Selon la BBC, RBS et HBOS devraient publier des pertes "sans précédent". Les titres financiers avaient été sérieusement malmenés vendredi à la Bourse de Londres, en particulier celui de Barclays, qui avait dévissé de près de 25%.

Le Trésor britannique n'a pas voulu confirmer pour l'instant les informations de la presse. Un porte-parole a simplement indiqué que "le gouvernement étudie un éventail d'options visant à prolonger le soutien aux prêts à l'économie". Une annonce sera faite "dans les semaines à venir", a-t-il précisé.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown avait appelé les banques à la "transparence" sur leurs actifs à risque, dans une interview au Financial Times de samedi. Dans un entretien séparé avec d'autres médias britanniques, Brown avait également souligné samedi le besoin d'une "solution internationale". "Le problème le plus important que nous ayons est international... Il nous faut donc une solution internationale", a-t-il souligné. Le 2 avril, Londres recevra le G20 et abordera le sujet.

Les autorités britanniques pourraient également proposer aux banques partiellement nationalisées de transformer en actions ordinaires les actions préférentielles que l'Etat détient dans ces instituts. Cette mesure permettrait aux banques de substantielles économies sur les dividendes à verser mais elle entraînerait également un accroissement de la part de l'Etat dans le capital des instituts. La part publique dans RBS passerait ainsi de 57,9% à 70%. Celle dans Lloyds TSB passerait de 43,4% à plus de 50%. Cette perspective va pousser la Lloyds à refuser l'offre du gouvernement, croit savoir le Sunday Telegraph.