EDF inquiète les autorités belges

G. G. avec AFP

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EDF veut prendre 51% du capital du belge SPE, numéro deux du marché. Mais cette acquisition inquiète les autorités belges de la concurrence, qui vont examiner le dossier. "Cette acquisition menace d'affecter de manière significative la concurrence dans plusieurs marchés de l'électricité en Belgique", a souligné jeudi le Conseil de la concurrence belge, en s'appuyant sur l'avis préliminaire fourni par son auditorat.

Ce dernier fait valoir notamment que "cette acquisition de SPE par EDF pourrait créer ou renforcer une position dominante collective entre Electrabel et SPE dans la mesure où l'actionnaire de référence des deux sociétés mères de ces entreprises (à savoir GDF Suez et EDF) est l'Etat français".

Le premier producteur d'électricité en Belgique, Electrabel, est déjà une filiale à 100% d'un groupe français, GDF Suez. Et EDF a annoncé en mai qu'il allait prendre le contrôle à 51% de SPE, jusqu'alors aux mains du britannique Centrica.

EDF a déjà soumis son projet à la Commission européenne, gendarme de la concurrence dans l'UE. Elle comptait initialement décider d'ici le 28 octobre de donner son feu vert, éventuellement avec des conditions, ou de lancer une enquête approfondie.

La Commission avait toutefois indiqué plus tôt jeudi que cette échéance était repoussée au 12 novembre, justement parce que le régulateur belge avait demandé à examiner le dossier.

La mainmise des Français sur l'électricité belge provoque des inquiétudes en Belgique. Le ministre belge de l'Economie, Vincent Van Quickenborne, avait notamment demandé en mai une enquête de la Commission européenne, soulignant que EDF et GDF "ont tous les deux le même actionnaire, à savoir l'Etat français".