Distribution: des prix hors de contrôle

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En rayon, la barquette de deux escalopes de poulet coûte entre 9,67 et 9,88 euros pour un prix moyen payé au producteur de 2,11 euros (prix au kilo).

Les côtes de porc d'échine sont vendues à 5,20 euros en supermarché contre un prix agricole de 1,34 euro (prix au kilo).

Enfin, les briques de lait sont vendues entre 0,43 et 0,53 centimes alors qu'elles sont payées au producteur 0,29 centimes.

L'UFC-Que Choisir a relevé ces prix dans 1.250 magasins en France entre le 26 septembre et le 10 octobre sur trois produits alimentaires "peu transformés": la côte de porc de marque de distributeur (MDD), l'escalope de poulet de marque Le Gaulois et MDD (par deux) et le lait demi-écrémé (1 litre) MDD et Candia.

1.120 lettres envoyées et 8 réponses

Réclamant des explications sur ces prix démultipliés (ce qui relève de la marge, des coûts de travail, conditionnement...), l'association n'a obtenu que 8 réponses "satisfaisantes" sur 1.120 lettres envoyées aux distributeurs et 226 retours.

Avant même de pouvoir expliquer ces prix, un constat s'impose: les distributeurs ne veulent pas parler du sujet sensible de leurs marges et de leur prix d'achat au producteur. "L'opacité demeure sur la construction des prix alimentaires", juge l'UFC-Que Choisir.

Question de concurrence peut-être, mais aussi de vérité sur les prix.

Prix déconnectés

Car quand les prix agricoles baissent, l'association estime que les industriels et distributeurs en profitent pour accroître fortement leurs marges. Et le manque de concurrence favorise ces situations.

Entre 1992 et 2009, tandis que le prix du lait a baissé de 5%, il a bondi de 22% en rayon. Pour le porc, le prix au producteur a chuté de 26% et grimpé de 25% en rayon. Enfin, pour la volaille, le prix agricole a progressé de 2% mais de 41% pour le consommateur, souligne l'association, qui en déduit que "l'évolution des prix en rayon est sans lien strict avec les prix agricoles".

Sur une période plus courte, entre septembre 2007 et 2009, le prix du lait payé au producteur a baissé de 7% mais le prix de la brique Candia a augmenté de 5% et la brique MDD de 11%.

Multiplicateur sur les prix

UFC-Que Choisir réclame pour les produits alimentaires bruts et peu transformés la mise en place d'un "coefficient multiplicateur" après une "alerte" en cas "d'évolution injustifiée des prix". Il s'agit d'établir un rapport entre le prix d'achat et le prix de vente et d'en limiter l'écart.

"On voit réapparaître une vieille revendication qui existe depuis longtemps qui est celle du coefficient multiplicateur. C'est-à-dire de l'économie administrée", a jugé Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD).

Ce principe est prévu par la loi pour les fruits et légumes mais n'a jamais été appliqué, a regretté le président d'UFC-Que Choisir Alain Bazot.

Pour la Fédération nationale des syndicats d'exploitants (FNSEA), les résultats de l'étude confirment "ce que nous dénonçons souvent: quand il y a baisse des prix agricoles, il n’y a pas de baisse répercutée pour les consommateurs et un vrai gonflement des marges". Le principal syndicat agricole se dit favorable au principe du coefficient multiplicateur.

Les études de l'UFC-Que Choisir sont "corrélées aux objectifs politiques de la FNSEA", a dénoncé Jérôme Bédier,

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