Le bio s'est invité durablement à notre table

Anne-Sophie Galliano

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Légumes, viandes, volailles, yaourts.... Le Bio s'est invitée durablement à notre table. La production bio n'est pourtant pas toute neuve. En 1972, l’association Nature et Progrès rédige un premier référentiel qui sert de cahier des charges pour les agriculteurs. C'est le début du processus qui conduira à la création en 1991 du label AB, "agriculture biologique" par le ministère de l'Agriculture .

Il a pourtant fallu attendre la création de l'Agence Bio en 2001, pour que le bio explose: la croissance du secteur augmente de 10% par an depuis cinq ans. Ce groupement d'intérêt public a participé à l'augmentation de la production de bio, et surtout à sa promotion auprès du public, à grand renfort de publicité. Un succès. Selon l'agence, ce sont 44% des Français qui sont acheteurs de bio en 2008, contre 39% en 2007 et 33% en 2003.

Les fruits et légumes sont les premiers à avoir bénéficié de l'engouement pour le bio. Ils représentent 77% de la consommation bio. Arrivent derrière les produits laitiers, les huiles et épiceries (pâtes, riz, céréales) et la viande (44% des volailles, 24% de bœuf et 15% des autres viandes).

Les produits AB sont plus chers que les produits dits traditionnels pourtant, même en période de crise, les Français ne sont pas prêts à rogner sur la dépense."Au cours des 6 prochains mois, 22% des consommateurs-acheteurs bio ont l'intention d'augmenter leur consommation et 74% de la maintenir", selon l'Agence Bio. La moyenne des Français accepterait même de payer jusqu'à 12% de plus pour un produit labellisé AB. Ce n'est pas tant pour aider au respect de l'environnement, que pour préserver sa santé (pour 94% des consommateurs) et la qualité du goût (92%).

Malgré ces chiffres encourageants, le bio ne s'est pas pour autant totalement démocratisé. Ce sont les femmes cadres, résidant en Ile-de-France, qui en sont pour l'instant les plus grandes adeptes.