Natixis veut se réorienter

Catherine Vincent avec AFP

— 

Natixis, filiale de banque d'investissement commune aux groupes Banque Populaire et Caisse d'Epargne qui a subi une lourde perte sur les marchés en octobre, va se tourner davantage vers les produits de flux. Pour ce faire, elle compte, selon son directeur général Dominique Ferrero, "réduire, voire abandonner" certaines activités complexes. En gros: aller vers des produits plus faciles à gérer pour nous", annonce Dominique Ferrero. "Les détails de ce nouveau plan d'adaptation seront donnés dans les semaines qui viennent", ajoute-t-il dans un entretien aux Echos.

"Cette inflexion est en cours depuis la création de Natixis. Elle est rendue plus difficile et plus nécessaire par la violence de la crise que nous traversons", fait-il valoir.

Cessions d'actifs

Par ailleurs, la banque prévoit des cessions d'actifs, déjà identifiés. "Le processus est entamé et nous souhaitons évidemment qu'il aille à son terme dans les mois qui viennent. Ces cessions devraient avoir un impact très significatif sur nos ratios", estime-t-il.

Abaisser le point mort

La banque n'exclut pas non plus de nouvelles mesures de réductions des charges, en plus de celles déjà lancées au printemps. "Rien ne nous interdit d'aller au delà de ce qui a été annoncé", explique Ferrero. "Nous poursuivrons les efforts de restructuration jusqu'au niveau nécessaire pour abaisser le point mort de l'établissement", poursuit-il.

Cette annonce intervient alors que Natixis a admis mercredi avoir essuyé le mois dernier une perte de 250 millions d'euros dans ses activités de marché. A laquelle se sont ajoutées, selon elle, des provisions du même montant passées pour faire face à la "défaillance" d'un acteur sur le marché avec lequel elle traitait et dont elle n'a pas donné le nom.

Par ailleurs, Natixis n'a pas été affecté par l'envolée récente du cours de Bourse de Volkswagen, précise encore Ferrero. Le titre du constructeur allemand avait littéralement explosé à la Bourse de Francfort. A l'origine de ce mouvement inédit: des fonds d'investissement, qui avaient parié sur la baisse du titre s'étaient arraché les actions Volkswagen encore disponibles pour "couvrir" leurs positions, c'est-à-dire limiter leurs pertes.

Sauver General Motors

Le directeur général de Natixis plaide également pour un sauvetage de General Motors dont la disparition pourrait avoir un impact "énorme" sur le marché des CDS. "Tout ce qui s'est passé sur les marchés ces dernières semaines a pris source dans la faillite de Lehman Brothers. C'est une erreur fondamentale des pouvoirs publics américains que de laisser cette banque faire faillite". Sous entendu: ne reproduisez pas la même erreur avec GM.