La FFT paie 1,53 millions pour Roland-Garros

E24 avec AFP

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1,53 millions d'euros. C'est ce que paye la Fédération française de tennis pour utiliser les 8,5 hectares du stade de Roland-Garros tout au long de l'année. Est-ce le juste prix? Pas si l'on en croit le dernier audit de l'inspection générale de la ville de Paris. Commandé par le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, et révélé par Le Figaro, cette enquête révèle que la FFT devrait payer 19 millions d'euros de redevance, si la ville appliquait le taux moyen qu'elle pratique dans ses grandes concessions. Dix-neuf millions, "soit plus de 12,6 fois" le montant actuellement déboursée par la fédération. La mise en ligne de ce rapport "englobait à tort des notes internes à l’administration et pouvait contenir des données non communicables", précise la mairie de Paris dans un communiqué du vendredi 24 octobre. Il a donc été "retiré provisoirement".

Redevance

Nicolas Revel, directeur de cabinet de Bertrand Delanoë, a confirmé à l'AFP l'existence de ce document, indiquant qu'il serait rendu public dans un rapport de l'inspection générale des services de la Ville de Paris. Selon lui, le niveau de la redevance acquittée par la FTT est "très clairement anormalement bas". Pour les grandes concessions, la ville de Paris a retenu une redevance égale à 15% du chiffre d'affaires hors taxes. Or, souligne l'audit achevé en mai 2008, la redevance payée par la FFT pour Roland-Garros "représente seulement 1,24% du chiffre d'affaires réalisé sur le site (128,013 millions d'euros en 2006)".

"A l'évidence, l'actuelle convention d'occupation du domaine public du stade de Roland-Garros ne correspond plus aux exigences posées par le Conseil de Paris en termes de retombées financières pour la Ville", estiment les rapporteurs. Selon eux, le projet d'extension de Roland-Garros, "avec la réalisation d'un dôme, au financement duquel la ville de Paris est invitée à participer" (à hauteur d'au moins 20 millions) "offre une opportunité réelle de redéfinir le cadre juridique et financier de la convention passée avec la FFT".

Dans son communiqué du 24 octobre, la mairie de Paris "observe légitimement que [le montant de la redevance versée par la FFT à la Ville] est très inférieur aux niveaux pratiqués pour d’autres concessions renégociés depuis 2001." Le terme de cette concession est fixé à 2015. La ville devrait donc revoir à la hausse la redevance, comme dans le cas de France Galop pour les deux hippodromes de Longchamp et d’Auteuil", par exemple.

Investissements

Jean-François Vilotte, directeur général de la FFT, a contesté les chiffres cités dans l'audit, estimant qu'ils ne traduisent "pas la réalité des choses". Il faut y ajouter "la valorisation d'équipement que la FFT a construit pour le compte de la ville de Paris", a-t-il déclaré à l'AFP, soulignant que "ces 16 dernières années, la FFT a consacré 180 millions d'euros d'investissement (au site)". Les rapporteurs de l'audit rappellent eux que "le bénéfice cumulé de Roland-Garros pour la période 2000/2006 s'élève à plus de 318,2 millions d'euros".

Parmi les recommandations qu'ils font, figure l'ouverture de "7 courts en terre battue au public". Il s'agit de courts situés à l'ouest du court Suzanne Lenglen, inauguré en 1994 par Christian Bîmes, président de la FFT, et Jacques Chirac, alors maire de Paris, dont la FFT reconnaît qu'ils "ne sont pas très utilisés à certains moments de l'année". "Ces sept courts devraient, conformément aux dispositions de la convention de 1994, être mis à la disposition de la Ville de Paris", écrivent les rapporteurs. Ils prônent un "système de location horaire, de la mi-juillet à fin novembre par exemple, pour un accès du public à ces installations", comme pour les courts contigus (en dur) du Fonds des Princes.