Visite surprise de Sarkozy à Gandrange

T.V avec AFP

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Nicolas Sarkozy devait rencontrer jeudi à la mairie de Gandrange (Moselle) les représentants syndicaux et la direction de l'usine ArcelorMittal, où près de 600 emplois ont été supprimés, ainsi que les élus locaux, a annoncé l'Elysée. Selon les informations obtenues par 20 Minutes.fr, le président s'est décidé au dernier moment. Une réunion éatit déjà prévue avec le préfet. Selon la députée PS de Moselle, Aurélie Filippetti, le préfet a expliqué aux membres de la réunion: "on attendait le conseiller du président de la République (mais) le président avait un trou dans son agenda. Il va venir dans un quart d'heure".

Viendra, viendra pas

La visite surprise du chef de l'Etat intervient une semaine après son déplacement, le 8 octobre, dans le département de la Moselle, où il avait soigneusement évité de se rendre à Gandrange, suscitant la colère des salariés du site sidérurgique et des élus locaux.

Nicolas Sarkozy s'était rendu le 4 février 2008 dans l'usine ArcelorMittal de Gandrange, quelques semaines après l'annonce par le PDG du groupe Lakshmi Mittal d'un plan de restructuration prévoyant la suppression de 595 des 1.108 emplois du site d'ici à 2009. Lors de ce déplacement, il avait promis aux salariés de l'usine que l'Etat ne les laisserait "pas tomber". "L'objectif est de trouver une solution totale ou partielle, pour maintenir l'outil de production (...) vous n'êtes pas seuls", leur avait-il lancé.

Le président leur avait alors promis de revoir leurs délégués syndicaux "fin mars, début avril". "Je reviendrai dans l'usine pour annoncer la solution qu'on aura trouvée", avait-il ajouté. Une partie des installations a finalement fermé et, au total, 575 des 1.108 emplois du site ont été supprimés. Les syndicats et les élus locaux accusent depuis Nicolas Sarkozy d'avoir trahi ses promesses.

Promesses tenues selon le gouvernement

Le chef de l'Etat et ses ministres ont répondu à ces critiques en affirmant avoir "scrupuleusement respecté" trois engagements: "30 millions d'euros" injectés dans l'usine, la création d'une école de formation et l'engagement de M. Mittal de donner "10 millions d'euros de sa poche" pour revitaliser l'usine.

L'Etat a signé le 5 février avec ArcelorMittal deux conventions, dans lesquelles le groupe s'est engagé à hauteur de 3 millions d'euros pour "soutenir la création ou le maintien" de 682 autres emplois, d'investir dans le bassin d'emplois près de 30 millions d'euros, de créer 119 emplois à Gandrange même et d'y installer un centre de formation.

ArcelorMittal a pour sa part affirmé qu'une solution avait été trouvée pour 80% des salariés, par "des offres valables d’emplois fermes, un accompagnement de projets externes ou des mesures d’âge". Mais selon la CGT, seuls 46 salariés ont obtenu une mutation effective.

Les critiques des salariés, syndicats et élus contre les "promesses non tenues" du chef de l'Etat ont redoublé la semaine dernière lors de sa visite dans le département de la Moselle pour y faire le point sur les restructurations dans le secteur de la Défense.