L'inflation à son plus bas niveau depuis deux ans dans la zone euro

E24 avec AFP

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L'inflation a fortement ralenti en décembre dans la zone euro, à 1,6% sur un an contre 2,1% en novembre, atteignant son plus bas niveau depuis octobre 2006, selon une première estimation publiée mardi par l'office européen des statistiques Eurostat. C'est la première fois depuis août 2007 que l'inflation passe sous la barre des 2%. L'objectif fixé par la BCE est d'une inflation en dessous mais proche de 2% sur le moyen terme. L'inflation dans la zone euro n'a cessé de reculer depuis l'été, entraînée par la baisse des prix du pétrole. Elle avait auparavant connu une forte progression, s'accélérant jusqu'à 4% en juillet et juin, un record depuis la création de la zone euro en 1999.

Selon des économistes, le nouveau ralentissement de décembre, associé à de mauvais indicateurs économiques, devrait plaider en faveur d'une nouvelle baisse des taux de la BCE. La Banque centrale a déjà baissé à trois reprises depuis début octobre son principal taux, actuellement à 2,50%, mais certains analystes s'attendent à une diminution supplémentaire le 15 janvier. Le vice-président de la BCE, Lucas Papademos, n'a pas exclu de nouvelles réductions de taux si la conjoncture devait encore se dégrader, dans une interview publiée lundi 5 janvier.

L'indice composite des directeurs d'achat (PMI) dans la zone euro, publié mardi, qui synthétise l'activité des secteurs manufacturier et des services, a atteint un nouveau plus bas historique en décembre. Dans le seul secteur des services, il a également reculé à son plus bas niveau. "L'inflation tombée sous l'objectif de la BCE en décembre, et l'enquête des directeurs d'achat (...) donnent des arguments convaincants en faveur d'une nouvelle baisse des taux de la BCE", a estimé Howard Archer, économiste à l'institut Global Insight. "Le nouveau net ralentissement de l'inflation dans la zone euro, combiné avec la confirmation que l'indice PMI continue à se détériorer, soutiennent notre idée que la BCE réduira ses taux d'intérêts à 0% cette année", a indiqué Ben May, de Capital Economics.