Sarkozy exclut toute augmentation d'impôts

Catherine Vincent

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"Je n'accepterai pas une politique de rigueur". Le ton est donné à la Seyne-sur-Mer, dans le Var, où le président Nicolas Sarkozy vient de dresser un bilan de son plan de relance. Il a vigoureusement défendu sa gestion de la crise rejettant, maintenant que le pire est passé, toute idée d'augmentation d'impôts qui viserait à réduire

le déficit public
.

Pour lui,

la réduction du déficit
-qui doit redescendre
redescendre à 3% du PIB dès 2013
selon la demande de Bruxelles et
revenir à l'équilibre en 2016
- passera par la croissance et la baisse de la dépense publique.

Vache à lait

"Je veux juguler les délocalisations, améliorer la compétitivité du pays, alléger le poids de la fiscalité qui pèse sur le travail. Il n'y a pas d'avenir pour l'augmentation d'impôt", a insisté le président de la République avant de recommander aux collectivités locales de "faire de même". Car à ses yeux: "le contribuable n'est pas la vache à lait de tout le monde".

Le président de la République est resté vague sur le besoin de financement des collectivités locale tout en ne contestant pas leurs besoins. Au détour d'un paragraphe sur la suppression de la taxe professionnelle, il a simplement affiché ses priorités: "je veux une économie de production et non pas une économie d'administration".

Il faut le faire

En véritable chef d'orchestre, il a fait un discours de politique générale post crise résolument tourné vers les citoyens. Presque un discours de campagne à mi-mandat tout en rejettant l'idée d'être "frappé par la malédiction du mi-mandat". "Je ne m'arrêterai pas", a-t-il lourdement insisté en référence aux réformes les moins populaires comme celle sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ou celle encore plus ardue qui doit arriver en 2010: la remise à plat des retraites. Il mènera les réformes "quoi qu'il puisse (lui) en coûter" parce qu'il est convaincu qu'il faut le faire...

Et Nicolas Sarkozy d'enfoncer le clou sur les collectivités territoriales qui ont, a-t-il argumenté, créé 38.000 postes de fonctionnaires en 2009 là où l'Etat en supprimait 35.000, "alors qu'aucun transfert de compétence ne le justifiait". Il ouvrira d'ailleurs prochainement une grande conférence sur le thème de la Sécurité sociale avec les collectivités territoriales.

Emprunt d'avenir

Ça, c'est pour le volet "réduction de la dépense publique" dans la mesure où "il n'y a pas un pays d'Europe qui dépense plus par rapport à sa richesse nationale". D'autant qu'en 2009, la France a eu "55 milliards d'euros de recettes fiscales en moins".

Sur le front de la croissance, le président de la République a vigoureusement défendu

le grand emprunt
comme étant le germe de la richesse française de demain. Peu importe qu'il creuse
la dette
si c'est pour préparer l'avenir, a-t-il de nouveau insisté en réponse aux critiques nombreuses et variées sur le sujet. Il annoncera d'ailleurs "la semaine prochaine" le détail du plan d'investissement.