Perte historique pour la Caisse des dépôts

J. Bx avec AFP

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Une année "exceptionnelle", selon Augustin de Romanet. La Caisse des dépôts et Consignations (CDC) a enregistré en 2008 une perte nette historique de 1,5 milliards d'euros, plombée par d'importantes provisions sur son portefeuille de participations, a annoncé jeudi 16 avril son directeur général.

Compte tenu de cette perte, la CDC ne versera pas de dividende à l'Etat au titre de 2008, a expliqué le dirigeant lors d'une conférence de presse de présentation des résultats. La CDC, qui attribue ordinairement un tiers de son bénéfice à l'Etat, versera néanmoins à l'Etat 410 millions d'euros au titre de l'impôt sur les sociétés.

De multiples provisions ont été à l'origine de cette contre-performance. Elles se montent à 921 millions d'euros pour le portefeuille d'actions et à 2 milliards pour les participations dans le groupe français de BTP Eiffage (20,1%) et la banque franco-belge Dexia (17,6% du capital).

La Caisse des dépôts, institution créée en 1816 et considérée comme le bras financier de l'Etat, a notamment apporté deux milliards d'euros à la banque franco-belge Dexia, secourue fin septembre par les pouvoirs publics, en souscrivant à une augmentation de capital de la banque dont le titre s'est ensuite effondré en bourse.

Sur le plan opérationnel, le produit net bancaire s'est inscrit en repli de 29%, à 5 milliards d'euros, tandis que les charges d'exploitation ont augmenté de 27%, à 4,1 milliards d'euros. Le résultat d'exploitation a en conséquence chuté de 82%, à 667 millions d'euros.

Hors éléments exceptionnels liés à la crise financière, le résultat net récurrent de la CDC s'est établi à 1,54 milliard d'euros, contre 1,45 milliards un an plus tôt. Le résultat net a de son côté plongé dans le rouge, après un bénéfice de 2,5 milliards en 2007. Il s'agit de la première perte de la CDC en près de 200 ans d'histoire.

Augustin de Romanet a néanmoins fait valoir que la solidité financière de la Caisse des dépôts n'est pas affectée par la perte annuelle, soulignant que ses capitaux propres atteignaient 17,9 milliards d'euros fin 2008, un niveau supérieur à celui atteint au cours des deux exercices précédents.

Les fonds d'épargne, section distincte du reste du groupe qui gère notamment les ressources provenant du Livret A, ont dégagé un bénéfice de 108 millions d'euros, en forte baisse notamment du fait de dépréciations d'actifs. L'encours des dépôts centralisés à la CDC a pour sa part progressé de 10,6 milliards d'euros. Les prêts sur fonds d'épargne ont atteint 10,6 milliards l'an dernier (+44%), "sous l'effet notamment, du plan de cohésion sociale et du programme national de renouvellement urbain", précise un communiqué.

Le dirigeant a par ailleurs rappelé que l'établissement parapublic, dans son rôle de "bras financier" de l'Etat, avait largement contribué au plan anticrise mis en place par le gouvernement. Il chiffre ainsi à plus de 40 milliards d'euros l'engagement de l'institution. La CDC a fourni 18,5 milliards d'euros de financement aux PME françaises et 5 milliards à la Société de financement de l'économie française (SFEF). Cette dernière a contribué à renforcer la solvabilité des banques françaises. Un montant de 8 milliards de prêts a par ailleurs été octroyé par le fonds d'épargne pour le lancement de grands projets d'infrastructure.

Cette année, la Caisse a prévu d'investir environ 400 millions d'euros dans des projets territoriaux d'intérêt général et estime sa capacité de prise de participations entre 1 et 1,5 milliard, soit environ la moitié de l'enveloppe prévue pour 2008. La CDC prévoit également d'embaucher 5.200 personnes en 2009 au sein du groupe et de ses filiales.