Sale temps pour l'économie britannique

T.V avec AFP

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L'économie britannique est restée enfoncée dans la récession au troisième trimestre, et a même subi sa plus longue phase de repli depuis plus d'un demi-siècle, un nouveau camouflet pour le gouvernement de Gordon Brown à l'approche d'élections pour lesquelles le Labour est donné perdant.

Alors que les économistes espéraient que le Royaume-Uni, entré en récession au deuxième trimestre 2008, pourrait renoué avec une maigre croissance (prévue à 0,2% en moyenne), la première estimation de l'ONS, l'équivalent britannique de l'Insee, a fait ressortir au contraire une chute du produit intérieur brut (PIB) de 0,4% par rapport au trimestre précédent, et de 5,2% sur un an. C'est à peine mieux qu'au deuxième trimestre, où le PIB avait reculé de 0,6%.

Enfin, pour couronner le tout, l'ONS a dit n'avoir jamais enregistré de période de contraction de l'activité économique aussi longue depuis 1955. Cette nouvelle douche froide a déclenché une rafale de commentaires abattus dans la City. "Rebouchez le champagne", s'est lamenté Philip Shaw, économiste d'Investec. Ces données "sont un vrai choc et désespérément décevantes", a renchéri Howard Archer, chef économiste du cabinet IHS Global Insight, tandis que James Knightley d'ING les qualifiait d'"atroces", remarquant que "le Royaume-Uni pourrait être la seule grande économie à s'être contractée au troisième trimestre".

Plusieurs autres pays dont la France, l'Allemagne et le Japon ont au contraire renoué avec la croissance dès le deuxième trimestre de cette année.

Cette contre-performance ne fait en tout cas pas les affaires du gouvernement, à huit mois au plus d'élections législatives. Sa prévision d'un recul du PIB autour de 3,5% cette année semble de plus en plus irréaliste.

La Bourse de Londres n'a pas souffert de ces annonces. En revanche, la livre sterling a accusé le choc, chutant autour de 1,09 euro alors qu'elle évoluait autour de 1,11 auparavant.

Selon les économistes, cette dégringolade de la livre traduit le fait que la Banque d'Angleterre risque d'être obligée de poursuivre son programme de rachat d'actifs aux banques (ou "assouplissement quantitatif"), dans lequel elle a déjà englouti plus de 170 milliards de livres (environ 185 milliards d'euros), et qui est censé se terminer en novembre.