Paris perd près de 5%

E24 avec AFP

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La Bourse de Paris a clôturé en très forte baisse, mardi 11 novembre, le CAC 40 dégringolant de 4,83% dans un faible volume de titres échangés, alors que le marché s'affolait des développements de la crise et des difficultés des entreprises. L'indice vedette a abandonné 169,34 points à 3.336,41 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,574 milliards d'euros, après avoir lâché brièvement plus de 5% en fin de séance. Il avait terminé lundi en hausse de 1,06%.

De leur côté, Londres a lâché 3,57% et Francfort 5,25%, tandis que Milan s'effondrait de 6,20%. L'Eurostoxx 50, quant à lui, a cédé 5,42%. Alors que l'optimisme suscité la veille par le plan de relance chinois s'estompait largement, les places européennes n'ont pas été rassurées par la publication de l'indice ZEW: mesurant le moral des investisseurs allemand, ce dernier est nettement remonté en octobre, plus qu'attendu par les économistes.

Valeurs

Les valeurs financières se sont effondrées: Axa a dégringolé de 9,41% à 14,78 euros, Crédit Agricole a perdu 6,83% à 10,43 euros, Société Générale 8,31% à 42,91 euros et BNP Paribas 8,33% à 48,29 euros. En revanche, Dexia a terminé à contre-courant du marché (+2,80% à 5,14 euros): la banque franco-belge a confirmé avoir donné mandat à un administrateur délégué pour trouver les moyens de réduire le risque lié à sa filiale américaine FSA. France Telecom a quant à lui reculé de 3,63% à 19,24 euros, alors qu'il avait évolué dans le vert en cours de matinée, après la réussite d'un emprunt de 611,4 millions d'euros sur le marché obligataire. En queue des valeurs vedettes, LVMH a chuté de 11,25% à 43,76 euros.

Pétrole

Le baril de Brent pour livraison en décembre, échangé à Londres, est tombé sous 55 dollars mardi vers 17H10, heure française, touchant un plus bas à 54,92 dollars, un seuil qu'il n'avait plus touché depuis le 30 janvier 2007.

New York

La Bourse de New York évoluait en forte baisse mardi en matinée, dans un marché restant focalisé sur les difficultés des entreprises face à la crise: le Dow Jones perdait 2,29 et le Nasdaq 2,22%. Vers 16H40, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) reculait de 202,87 points, à 8.667,67 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 35,95 points, à 1.580,79 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 cédait quant à lui 2,37% (21,82 points), à 897,39 points.

Craintes de retour

Lundi, Wall Street avait baissé, plombée par un regain d'inquiétudes pour l'avenir des entreprises, General Motors en tête, malgré le plan annoncé par la Chine pour relancer son économie: le Dow Jones avait perdu 0,82%, le Nasdaq 1,86% et le S&P 500 1,27%. "On se demande comment General Motors pourrait être sauvé. Leurs produits, de gros véhicules gourmands en carburant, ne séduisent plus les consommateurs, et apporter un soutien public à GM ne ferait que lui accorder un sursis", estime Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities. "Les craintes de récession mondiale sont de retour sur le devant de la scène, reléguant au second plan les efforts des gouvernements pour endiguer les difficultés", a estimé Jason Kunkel, de la société de recherche Moody's Economy.com. Avec un agenda vierge de toute statistique économique et une activité réduite pour cause de jour semi-férié (armistice de la Première guerre mondiale), le marché new-yorkais se concentrait sur les entreprises, qui subissent de plein fouet les effets de la crise.

Première source d'inquiétude: le constructeur automobile General Motors, qui a besoin d'une aide d'urgence des autorités pour éviter la faillite, selon son PDG Rick Wagoner. Après une chute de 22% lundi, son action plongeait encore de 16,37% à 2,81 dollars. Parmi les autres sociétés sur lesquelles s'interrogent le marché, la chaîne de cafés Starbucks (-2,55% à 9,92 dollars) a publié un bénéfice très faible pour le quatrième trimestre et le producteur d'aluminium Alcoa (-7,05% à 10,95 dollars) a annoncé une nouvelle baisse de sa production pour faire face au ralentissement du marché. "Les investisseurs sont inquiets et se demandent quand viendra l'amélioration", a relevé Al Goldman, de Wachovia Securities. "La détérioration des perspectives de résultats va probablement rester l'élément dominant sur le marché", a-t-il ajouté.

Côté distribution, les chaînes de magasins américaines ont vu leurs ventes baisser de 1,0% pendant la semaine dernière, après deux semaines de progression. Le géant de la distribution Wal-Mart cédait 2,19% à 53,97 dollars.

Dans le secteur financier, le groupe de services financiers American Express (-5,34% à 22,70 dollars) a été autorisé par la banque centrale à prendre le statut de holding bancaire, ce qui doit lui permettre de bénéficier des apports en capital prévus par le Trésor dans le cadre du plan Paulson. Mais au lieu de rassurer, cette annonce a rappelé au marché que les difficultés des institutions financières persistaient, au lendemain des pertes énormes annoncées par l'assureur AIG (-5,71% à 2,15 dollars), de 24 milliards de dollars.

Citigroup

La banque Citigroup reculait de 1,52% à 11,04 dollars. Elle a annoncé un assouplissement des conditions de prêts hypothécaires pour certains emprunteurs qui présentent des risques de défaut de paiements, afin d'éviter de nouvelles saisies immobilières.

Les compagnies pétrolières ExxonMobil (-2,27% à 72,34 dollars) et Chevron (-2,26% à 72,66 dollars) pâtissaient du recul des cours du brut, sous les 60 dollars à New York.

G20

Par ailleurs "les opérateurs restent prudents avant le sommet du G20 à Washington" ce week-end, a relevé M. Kunkel. Les chefs d'Etat des pays industrialisés et des grandes économies émergentes, réunis au sein du G20 vont chercher vendredi et samedi un terrain d'entente minimal sur les moyens de contenir la crise financière.