France Télécom: Didier Lombard cède sa place à Stéphane Richard

TV avec AFP

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La direction de France Télécom tombe. Après le départ du numéro 2, Louis-Pierre Wenès, en octobre, c'est au tour du PDG, Didier Lombard, de lâcher la direction de France Télécom tout en gardant un pied dans l'entreprise.

France Télécom a été fragilisée par une série de suicides de salariés (35 en deux ans selon les syndicats) qui a révélé des conditions de travail très dégradées par certains salariés du groupe.

Didier Lombard sera remplacé comme prévu par Stéphane Richard dès le 1er mars mais avant une année d'avance. "Ma décision a été prise dans l’intérêt du groupe. Avec Stéphane Richard, nous allons unir nos efforts pour donner le nouvel élan attendu par les salariés", explique le PDG dans un entretien au Figaro.

Didier Lombard annonce sa sortie pour que son successeur engage le plus rapidement possible une nouveau départ pour France Télécom. "Il nous faut sortir par le haut de cette crise, c’est pour cela que nous bâtissons un nouveau projet d’entreprise qui sera axé sur plusieurs grands chantiers, notamment le déploiement des nouveaux réseaux fixes et mobiles et un meilleur service aux clients", explique t-il. "C’est un projet pour les trois/quatre années à venir. Celui qui va le mener doit avoir dès maintenant le mandat correspondant", ajoute-t-il.

Tandem Richard-Lombard

"Stéphane Richard aura 100% des commandes opérationnelles", déclare M. Lombard. "En tant que président de France Télécom jusqu’à juin 2011, terme de mon mandat, je m'attacherai à faire fonctionner le conseil d'administration et me focaliserai sur les grandes orientations stratégiques et technologiques, domaines qui m’ont toujours passionné", ajoute-t-il. "Il n’y a aucune opposition entre nous. Nous réfléchissons et travaillons ensemble, nous formons une équipe, un tandem", insiste M. Lombard.

Bilan

Interrogé sur d'éventuels regrets, M. Lombard répond: "Bien sûr, au-dessus de tout, celui de ne pas avoir pu éviter la crise sociale". "J’aurais certainement dû agir plus tôt (...) Nous avons pris le problème à bras le corps. Mais sans doute aurions nous dû, dès le mois d’août, appliquer les mesures que nous avons mises en oeuvre en octobre", dit-il.

Didier Lombard note qu'à son arrivée à la tête de l'opérateur en février 2005, "France Télécom croulait sous sa dette. Cinq ans plus tard, l’entreprise est toujours là, leader sur tous ses marchés en France, (...) la dette a diminuée de 30% et nous dégageons l'un des meilleurs rendements du CAC 40" malgré la concurrence.