Les banques européennes auraient besoin de 116 milliards

— 

Renforcer la réglementation du secteur bancaire, cela aurait un coût. Si les régulateurs imposaient aux banques d'élever leur ratio de fonds propres à 8% et de respecter un ratio de levier de 33, cela pourrait entraîner un besoin de 116 milliards d'euros en capital. Ce sont les conclusions d'un rapport de la Société Générale.

Les membres du G20 se sont engagés à élaborer d'ici la fin 2010 des règles destinées à améliorer la qualité et la quantité de capital exigées des banques. Il s'agirait de décourager des effets de levier (recours à l'endettement pour augmenter ses activités) excessifs.

L'étude de la Société Générale prend pour hypothèse que les exigences de fonds propres, mesurées par le ratio dit "core tier one" ou ratio de fonds propres "durs" (hors instruments de dette), pourraient être fixées à 8% d'ici 2011, contre environ 6% aujourd'hui.

Elle suppose que pourrait s'ajouter à cela l'obligation de respecter un ratio de levier fixant à 33 le rapport entre les engagements des banques et leurs fonds propres. Le montant avancé inclut les aides d'Etat qui auront été remboursées.

Toutes les banques ne seraient pas touché au même niveau. "Sans surprise", la banque allemande Commerzbank, et les britanniques Royal Bank of Scotland et Lloyds banking group auraient les besoins en capital les plus élevés: respectivement 12,2, 26,9 et 19,6 milliards.

BNP Paribas et Crédit Agricole SA devraient s'attacher à diminuer leur levier d'endettement, qui s'élève respectivement aujourd'hui à 42 et 46. A contrario HSBC, UBS, Credit Suisse ou Santander n'auraient pas de besoin en capital, estiment les rédacteurs de l'étude.

Ceux-ci tablent sur une rentabilité des capitaux de 17-18%, en ligne avec le cycle économique précédent, compte tenu de la réévaluation des actifs et de la diminution des coûts opérationnels.