Les constructeurs automobile boudent le Japon

Guillaume Guichard

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Le salon automobile de Tokyo, qui ouvrira ses portes au public le 23 octobre, semblera bien vide cette année. Porsche, Daimler, ou encore Volkswagen ne seront pas présents à ce rendez-vous longtemps incontournable dans le monde de l'automobile, aux côtés des salons de Francfort, Detroit et Paris.

L'édition 2009 de l'évènement n'accueillera que 3 constructeurs étrangers, contre 26 en temps normal. Et encore, il ne s'agit pas de grands groupes mais de petits spécialistes de la voiture de luxe et de sport, à savoir Lotus, Caterham et Alpina. Autre signe de ces temps de crise, le salon a divisé par deux sa surface d'exposition, à 21.000 m2.

Les constructeurs étrangers font l'impasse sur le salon de Tokyo afin de faire des économies, mais aussi parce que le marché japonais a perdu beaucoup de son attrait ces 12 derniers mois. Les ventes de voitures neuves devraient chuter de 8,5% sur l'année en 2009, à 4,3 millions de véhicules. En plus d'être déprimé, le marché japonais reste très fermé. Les constructeurs étrangers ne représentent que 3% des ventes.

La désaffection des grands constructeurs internationaux à Tokyo est d'autant plus marquante qu'aucun d'entre eux n'avait raté le salon de Shanghai en avril dernier. Et pour cause: la Chine, qui a dépassé en volume le marché japonais en 2006, devrait croître de 28%, à 12 millions d'unités, en 2009 à en croire les chiffres officiels. Avec une telle croissance, le marché chinois devrait prendre la première place mondiale dès la fin de cette année, devant les Etats-Unis.