RWE confirme ses objectifs de croissance

E24 avec AFP.

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Le numéro deux allemand de l'énergie RWE a confirmé, mardi 11 novembre, ses objectifs de bénéfices 2008 et annoncé son intention de verser à ses actionnaires un dividende plus élevé que prévu. Le groupe mise toujours sur un résultat net ajusté, celui qui sert d'étalon à ses prévisions, en progression de plus de 10% cette année. Une annonce qui tranche avec les multiples avertissements sur résultats publiés ces dernières semaines par les multinationales allemandes.

Trancher

Sur les neuf premiers mois, le bénéfice net ajusté s'est élevé à 3,07 milliards d'euros, en hausse de 19,6% sur un an. En prenant en compte les effets exceptionnels, en particulier une correction de la valeur comptable de la filiale American Water, le bénéfice net de janvier à septembre a reculé de 22% à 2,21 milliards d'euros, un repli moins ample que prévu. La mise en bourse partielle de la filiale au printemps dernier s'est avérée beaucoup moins rentable qu'espéré par RWE. Et le groupe, qui contrôle encore un peu plus de 60% d'American Water "a toujours pour objectif de s'en retirer complètement" mais tout dépendra "de l'évolution des marchés", a dit son directeur financier Rolf Pohlig lors d'une conférence téléphonique.

Reverser

RWE a décidé de reverser de 70 à 80% de son bénéfice net à ses actionnaires au titre de 2008, au lieu des 50 à 60% envisagés jusqu'à présent. La firme de Essen prévoit aussi toujours une hausse de plus de 10% de son chiffre d'affaires cette année et un bénéfice d'exploitation stable. Sur neuf mois, le premier a augmenté de 13,8% à 34,45 milliards, le second de 5,1% à 5,78 milliards d'euros. Le plus gros de ses bénéfices est venu de la production d'électricité en Allemagne.

Crise

RWE s'est dit peu affecté par la crise financière actuelle. Selon son directeur financier, son "endettement est quasi nul" et les liquidités sont abondantes. Le fournisseur d'énergie a par ailleurs indiqué qu'il avait assuré pour les deux prochaines années l'essentiel de ses marges pour la vente d'électricité, ce qui en théorie lui permettra de passer entre les gouttes de la crise économique, même si la demande venait à chuter. Du coup, le groupe pourra se permettre de baisser en début d'année prochaine les prix dans son autre grande activité, le gaz, répondant ainsi aux demandes insistantes du gouvernement allemand.

RWE voit même dans la crise des aspects positifs, à en croire une lettre de son patron Jürgen Grossmann aux actionnaires. Opposé à un abandon de l'énergie nucléaire ou à des règles trop strictes en matière de pollution, Jürgen Grossmann écrit qu'il "perçoit des opportunités sur le front de la politique énergétique. Car quand la conjoncture a des ratés, le regard sur les questions d'environnement ou d'énergie nucléaire change." Autre effet bénéfique de la crise économique, selon lui: "les prix pour des investissements vont baisser", or RWE se dit "bien placé pour profiter de nouvelles opportunités de croissance."Il n'est pas sûr toutefois que le numéro deux allemand de l'énergie puisse croître à sa guise, notamment en Allemagne: la Cour suprême allemande a épinglé mardi la domination qu'il exerce sur le marché domestique de l'électricité avec son grand rival EON. Et laissé entendre qu'il n'était pas question que les deux groupes s'agrandissent encore.