Le dénonciateur d'HSBC propose une liste d'évadés fiscaux à l'Allemagne

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Hervé Falciani aurait encore frappé. L'informaticien de la banque HSBC, qui avait fourni à la France une liste de fraudeurs fiscaux, viendrait de faire de même en Allemagne, selon le Financial Times Deutschland (FTD).

Le principal intéressé a démenti l'information en déclarant à l'AFP lundi qu'il n'y avait "pas le moindre élément de preuve" dans ces allégations et qu'il n'avait collaboré qu'avec la France.

"C'est de l'ordre de la rumeur. S'ils ont le moindre élément de preuve, qu'ils l'apportent et le mettent au grand jour", a-t-il indiqué tout en rappelant qu'il était loin d'être le seul à travailler sur les données informatiques de la banque.

"Ce qui est en possession de la justice française provient exclusivement de l'environnement test de la banque auquel des milliers de personnes avaient le même accès que moi". "Tous les analystes ont accès à cet environnement test, même ceux qui sont basés en Chine et en Inde", a-t-il ajouté.

Affaire similaire

Un informateur a proposé ce week-end au fisc allemand d'acheter pour 2,5 millions d'euros une liste de 1.300 évadés fiscaux. Berlin pourrait ainsi récupérer des fonds de plus de 100 millions d'euros, d'après le quotidien.

Une affaire qui rappelle étrangement celle qu'a connue la France en août dernier. Paris avait obtenu d'un employé d'une filiale de la banque britannique HSBC à Genève plusieurs noms de contribuables soupçonnés d'évasion fiscale dans la Confédération helvétique.

Rien d'étonnant pour le FTD à ce que les méthodes soient similaires: le dénonciateur serait une seule et même personne, Hervé Falciani.

"Ecran de fumée"

L'informaticien estime cependant qu'on associe aujourd'hui son nom au fisc allemand pour créer "un écran de fumée". "C'est toujours intéressant de divertir, d'agiter une marionnette pour détourner l'attention du fond du sujet", à savoir les mécanismes par lesquels les banques parviennent à détourner les règlements mis en place par les Etats contre la fraude.

Selon lui, ces information pourraient égalementconstituer "un prétexte" pour lancer un mandat d'arrêt international contre lui.

Racheter ou ne pas racheter?

Depuis deux jours, l'Allemagne s'interroge sur la moralité d'un éventuel achat avec l'argent public de ces données volées, par Hervé Falciano ou un autre.

Sans toutefois confirmer les faits, la présidente de la Confédération helvétique, Doris Leuthard a estimé "difficile qu'un Etat de droit utilise des données illégales". "Cela reviendrait à faire affaire avec des criminels, ce qui est contre la loi", a-t-elle asséné.

Différend franco-suisse

La Suisse avait vivement critiqué Bercy pour avoir utilisé la liste dérobée à la banque HSBC. Le gouvernement avait même lancé un ultimatum en décembre et menacé de ne pas ratifier l'accord d'échange fiscal avec la France.

Le Forum économique mondial (WEF) de Davos la semaine dernière a permis d'apaiser les tensions.

Le ministre du budget, Eric Woerth, et son homologue suisse, Hans-Rudolf Merz, se sont vus en marge de l'événement et ont pu régler leur différend. Paris a promis de ne pas demander "d'assistance administrative sur la base de ces documents" et en a transféré une copie aux autorités suisses, comme Berne le réclamait.