Budget de la Sécu: l'Etat "fait la fine bouche"

Elsa Meyer avec AFP

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A peine le volet recettes du budget de l'Etat voté, les députés s'attaquent au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Depuis quelques semaines certains d'entre eux, de gauche comme de droite, tentent de limiter le déficit croissant de l'organisme. Mais le gouvernement fait "la fine bouche" sur ces économies, selon l'expression du rapporteur du texte, le député UMP Yves Bur.

Chasse aux avantages fiscaux des sportifs, limitation des horaires libres pour les médecins exerçant en secteur 2, taxe sur les boissons sucrées et une autre sur les restaurateurs: les initiatives parlementaires en commission pour limiter le déficit n'ont pas manqué.

Mais à part la hausse de 6% des prélèvements sur le tabac, aucune n'a trouvé grâce aux yeux du gouvernement.

Un gouvernement "timide"

Yves Bur s'est étonné mardi 27 octobre, à l'ouverture du débat sur le projet de budget 2010 de la Sécu, de la "timidité" des pouvoirs publics par rapport aux "recettes supplémentaires" qu'il a proposées.

"La commission des Affaires sociales a voulu amplifier l'effort du gouvernement en nettoyant quelques niches sociales", a-t-il dit, en citant "celles qui profitent aux retraites chapeau" ou à la "commercialisation de l'image de certains sportifs" ou encore "les stock options".

Mais "je sens que le gouvernement fait la fine bouche devant ce milliard de recettes supplémentaires, toutes pérennes", a-t-il noté en souhaitant que le débat permette de "comprendre cette timidité surprenante par ces temps de disette financière".

Rapporteur du Budget pour la commission des finances, Marie-Anne Montchamp (UMP) a elle aussi critiqué l'attitude de l'Etat. Il "faudra inévitablement dégager de nouvelles recettes" pour la Sécu, a-t-elle jugé, car "nous devons refuser de faire peser sur les générations futures le poids de notre système social".

Ne pas ajouter "de la crise à la crise"

Le ministre du budget Eric Woerth a indiqué mardi 27 octobre devant les députés qu'il souhaitait également préserver les rentrées d'argent de l'ogranisme en "luttant contre les niches fiscales inefficaces et contre la fraude".

Hors de questions cependant d'augmenter les prélèvements pour ne pas ajouter "de la crise à la crise". Plutôt que sur la branche recettes, le ministre préfère se concentrer sur la maîtrise des dépenses, en particulier celles de la branche maladie.