Les marchés dans le rouge

AFP.

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Les marchés boursiers sont repassés dans le rouge mardi 11 novembre, l'optimisme suscité par le plan de relance en Chine cédant la place aux craintes pour la santé des entreprises, en particulier pour le géant automobile américain General Motors au bord du dépôt de bilan.

Après les marchés asiatiques, les places européennes ont décroché dans la matinée: peu après 15h50, Paris perdait 4,16%, Londres 2,86% et Francfort 3%, après des hausses modérées la veille. Et ce malgré la remontée du baromètre de confiance ZEW des investisseurs sur les marchés allemands, qui a pris 9,5 points à -53,5 en novembre, un meilleur résultat que prévu.

La Bourse de Tokyo, qui avait flambé lundi après l'annonce par Pékin d'un plan de relance de l'économie de 4.000 milliards de yuans (455 milliards d'euros) jusqu'à la fin 2010, a terminé en recul de 3%.

Hong Kong a clôturé en forte baisse de 4,77%, Bombay a chuté de 6,61%, et Shanghai a lâché 1,66%.

Les Bourses arabes accusaient encore plus fortement le coup, Dubaï chutant de 7,3% à la clôture, à 2.343,15 points, son plus bas niveau en quatre ans. Le marché saoudien, le plus important de la région, a perdu près de 5%.

Le plan de relance chinois "a eu un effet à court terme. Les marchés qui ont bondi avec la nouvelle vont se corriger par la suite", a commenté un courtier à la Bourse de Singapour, cité par Dow Jones Newswires.

Le pessimisme a pris le dessus également sur le marché pétrolier, où le cours du baril est reparti à la baisse mardi, plongeant sous le seuil des 60 dollars à New York en début d'échanges européens, à 59,60 dollars. Le Brent de mer du Nord perdait 2,10 dollars, à 56,98 dollars.

L'euro était en petite hausse face au dollar en début d'échanges européens, à 1,2767 dollars contre 1,2748 dollars lundi soir.

Samedi, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20, qui rassemble les pays les plus industrialisés et les grandes économies émergentes, se réuniront à Washington pour un sommet visant à amorcer la réforme du système financier international.

Lundi à la Bourse de New York, l'indice Dow Jones a perdu 0,82% et le Nasdaq 1,86%, sur un marché plombé par le titre General Motors (GM) qui a dévissé de 23% pour retomber à son niveau de juste après la Seconde guerre mondiale.

Les investisseurs craignent que les actionnaires de GM se retrouvent sur le carreau en cas de dépôt de bilan. Les analystes de la Deutsche Bank ont même estimé lundi que le cours de l'action pourrait chuter à zéro dollar.

Le colosse de Detroit, qui emploie un quart de million de personnes et dont l'effondrement aurait des conséquences graves pour l'économie mondiale, avait reconnu vendredi être menacé d'une crise imminente de liquidités, qui l'a conduit à abandonner son projet de rachat de Chrysler et à lancer un appel à l'aide "indispensable" au gouvernement fédéral américain.

Selon le New York Times mardi, le président élu des Etats-Unis, Barack Obama, a demandé au président sortant George W. Bush d'apporter une aide immédiate au secteur automobile américain, lors de leur premier entretien lundi à la Maison Blanche.

George Bush aurait demandé en échange que les démocrates, qui sont majoritaires au Congrès, soutiennent un accord de libre-échange avec la Colombie, selon le journal.

Washington a par ailleurs décidé lundi de porter à un montant sans précédent - plus de 150 milliards de dollars - l'aide à l'assureur AIG, en situation précaire malgré un précédent plan de sauvetage.

AIG et le groupe de refinancement hypothécaire Fannie Mae, placé sous la tutelle de l'Etat fédéral américain depuis septembre, ont annoncé des pertes abyssales au troisième trimestre, respectivement 24,5 milliards et 29 milliards de dollars.

Côté européen, le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé mardi les Etats à prendre des mesures budgétaires coordonnées, comme des baisses d'impôts et une augmentation des dépenses publiques, et a incité les Etats membres de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) à conclure le cycle de Doha.

Alors que les chiffres de la croissance au troisième trimestre en Allemagne seront connus jeudi, l'entrée en récession de l'Italie ne fait plus de doute, après l'annonce d'une baisse mensuelle de 2,1% de la production industrielle en septembre, le pire recul en dix ans.

Aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, la santé du secteur automobile constitue un des grands facteurs d'inquiétude. Le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s'est dit lundi favorable à des mesures d'aide. "Il en va de l'automobile comme du secteur de la construction. Si ces deux secteurs tombent en panne, l'économie générale risque de ne pas relever de sitôt la tête", a-t-il estimé.

Le constructeur allemand Opel, filiale de General Motors, a réclamé de nouvelles aides au secteur. En Corée du Sud, Daewoo, autre filiale de GM, a annoncé mardi qu'elle pourrait fermer temporairement ses usines.

L'Allemand Audi, après Volkswagen, BMW, Daimler et Porsche, a annoncé des réductions de production, de même que le constructeur roumain Dacia (groupe Renault). La semaine dernière, le géant japonais Toyota avait drastiquement sabré ses prévisions annuelles.