Juncker pourrait rester président de l'Eurogroupe

D.H. avec AFP

— 

"Il n'est pas dans mon intention de renoncer à la présidence de l'Eurogroupe", a déclaré Jean-Claude Juncker à la radio RTL Luxembourg. La veille, lors d'une réunion électorale de son parti chrétien-social (CSV), Jean-Claude Juncker avait dit vouloir abandonner son poste de ministre des Finances dans le gouvernement qui sortira des élections législatives luxembourgeoises de dimanche, selon des propos rapportés par un journal local, le quotidien Luxemburger Wort. Mais jeudi soir à la radio, il a expliqué qu'il pourrait être habilité à rester à la tête de l'Eurogroupe s'il conserve un portefeuille ministériel lié aux questions financières et économiques.

Rester au Trésor ou au Budget

"Il est possible que je reste en charge de la politique monétaire" dans le futur gouvernement, a-t-il dit. "Dans l'Eurogroupe, il n'y a pas que des ministres des Finances, il y a aussi des ministres du Trésor ou du Budget", deux fonctions séparées aujourd'hui au Luxembourg du ministère des Finances a-t-il fait valoir.

Rumeurs de départ

Des rumeurs sur son prochain départ de l'Eurogroupe circulent pourtant depuis plusieurs semaines. Fin avril, la presse allemande lui avait déjà prêté l'intention de jeter l'éponge, affirmant qu'il était excédé des critiques dont il a fait l'objet de la part de la France et de l'Allemagne au sujet du maintien du secret bancaire dans le Grand Duché. Sous la pression, il a dû accepter de l'assouplir, signant mercredi avec la France un accord qui prévoit des échanges d'informations fiscales sur demande.

Autre raison possible pour son départ: que le Premier ministre luxembourgeois veuille se réserver pour d'éventuelles fonctions plus importantes en Europe. Jean-Claude Juncker a été longtemps considéré comme favori, surtout en Allemagne, pour le poste de président stable de l'Union européenne, prévu par le traité de Lisbonne si le texte entre en vigueur. Mais son étoile a nettement pâli depuis l'éclatement de la crise financière en Europe à l'automne 2008. Il s'est d'abord vu reprocher son manque d'initiative, plusieurs pays, dont la France, s'interrogeant en coulisses pour savoir s'il avait les épaules assez larges pour une telle fonction.

Son insistance à défendre le secret bancaire luxembourgeois lui a ensuite un peu plus desservi. Il a été remplacé dans le rôle de favori par l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair. "On n'entend pas beaucoup d'alternative" à Tony Blair, souligne un diplomate européen de haut rang.