Le plan de Sarkozy pour les jeunes

T.V avec AFP

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Nicolas Sarkozy a dévoilé un plan en faveur de la jeunesse à Avignon. Le président n'a pas chiffré le coût de ce plan mais selon des sources à l'Elysée, il s'élèvera à 500 millions d'euros.

- Le Revenu de solidarité active, lancé le 1er juin et réservé jusqu'à présent aux plus de 25 ans, sera désormais accessible aux jeunes en dessous de cet âge ayant travaillé au moins de deux ans, a notamment annoncé le chef de l'Etat. 160.000 jeunes sont concernés. Le coût de cette mesure sera d'environ 250 millions, soit la moitié des aides du plan. Pour les personnes qui travaillent, le RSA consiste en un complément de revenu ("RSA chapeau") sans limitation de durée, leur permettant de cumuler une activité même modérée avec une aide.

- L'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS) sera doublée pour les jeunes à partir de 2010, a annoncé Nicolas Sarkozy. L'ACS est un dispositif qui vise à faciliter l'accès à une complémentaire santé (mutuelle, assurance privée, institut de prévoyance) pour les ménages qui, bien qu'ayant des revenus modestes, ne sont pas éligibles à la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Mise en place en 2005, cette aide est d'un montant différent selon l'âge des bénéficiaires. Elle est ainsi actuellement de 100 euros par an pour les moins de 25 ans, de 200 euros pour les 25-49 ans, de 350 euros pour les 50-59 ans et 500 euros pour les 60 ans et plus. Elle passera à 200 euros pour les moins de 25 ans ce qui représente pour l'Etat un coût de 30 millions d'euros.

- La dotation autonomie. Avec l'accord des parents, certains avantages qui leur sont jusque-là versés seraient directement alloués aux jeunes (allocations familiales, quotient familial...). L'expérimentation portera sur 8.000 jeunes, sur la base d'environ 3.000 euros versés sur 2 à 3 ans.

- "Pré-recrutement". Le président Nicolas Sarkozy a lancé l'idée que les entreprises puissent financer les études d'un jeune dans le cadre d'un "pré-recrutement". Le chef de l'Etat a invité patronat et syndicats à négocier sur le sujet. "Pourquoi les pré-recrutements ne seraient-ils pas autorisés, afin que les entreprises qui le souhaitent financent les études d'un jeune en échange d'un engagement de ce dernier à travailler dans leur sein à la fin de sa formation", s'est-il interrogé à Avignon, dans un discours sur sa politique pour la jeunesse.

Selon le chef de l'Etat, l'avantage pour le jeune serait d'être "tranquille pendant sa formation en se disant qu'à la sortie, il a un contrat" de travail, et pour l'entreprise de pouvoir "planifier son recrutement".

Insertion professionnelle

Cette mesure est censée favoriser l'insertion professionnelle des jeunes, un objectif largement développé par Nicolas Sarkozy. La président de la République a en effet annoncé une série de mesures comme la création pour les 16-18 ans d'un droit à la formation ou à l'emploi et obligation pour l'Etat d'assurer aux jeunes qui quittent le système scolaire un suivi, des conseils et une offre de formation et/ou d'emploi ; la mise en place de plates-formes régionales (11 actuellement à titre expérimental) chargées de repérer les jeunes, les recevoir, les informer et leur faire des offres (40 millions d'euros supplémentaires) ; où l'expérimentation auprès de 6.000 jeunes d'un parcours d'insertion contractualisé, pour lequel le jeune "qui accepte de jouer le jeu" recevra une dotation "one shot" de 2.500 euros pour l'aider à lever les obstacles à son insertion professionnelle (ex: permis de conduire, aide au logement si déménagement nécessaire...).

Par ailleurs, le nombre d'apprentis dans la fonction publique sera augmenté sachant que l'apprenti bénéficera désormais des mêmes avantages que l'étudiant.

Enfin, un dispositif de "revenu contractualisé" sera expérimenté auprès de 8.000 jeunes pour améliorer l'accès à la formation et à l'emploi. L'accompagnement sera renforcé en échange d'une garantie de ressources de 250 euros par mois.

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Chômage des jeunes

En France, le taux de chômage des actifs de 16-25 ans atteint 23,9% au deuxième trimestre 2009, en hausse 5,2 points sur un an. Il est presque trois fois supérieur à celui des 25-49 ans. Il est l'un des plus élevés d'Europe. 634.000 chômeurs avaient moins de 25 ans à la mi-2009.

Globalement, environ un salarié sur trois de 15 à 29 ans, du privé comme du public, avait en 2008 un contrat temporaire (intérim, contrat à durée déterminée ou emploi aidé), contre un peu plus d'un sur sept pour l'ensemble des actifs occupés.

A fin 2008, on comptait 615.000 jeunes en alternance (apprentissage, professionnalisation). Près d'un quart des emplois occupés par des jeunes bénéficiait d'une aide de l'Etat, contre près d'un sur vingt-cinq pour l'ensemble des actifs occupés.