France Télécom: le numéro deux Louis-Pierre Wenès démissionne

G. G. avec AFP

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Sous le feu des critiques après la vague de suicides -24 en 18 mois- le directeur général adjoint et responsable France, Louis-Pierre Wenes, a quitté ses fonctions, a annoncé France Télécom lundi 5 octobre. Il sera remplacé par Stéphane Richard, désigné il y a quelques mois pour succéder au PDG Didier Lombard à la tête du groupe en 2011.

D'autre part, le gel des mutations est prolongé du 31 octobre au 31 décembre, selon les syndicats.

"Louis-Pierre Wenès, actuel directeur général adjoint en charge des opérations France, a demandé à Didier Lombard de le décharger de ses responsabilités, ce que Didier Lombard a accepté", explique l'opérateur. Dans un message interne diffusé aux salariés en France dont l'AFP a eu copie, Louis-Pierre Wenès explique qu'il fera "valoir prochainement (ses) droits à la retraite".

Arrivé en décembre 2002 comme directeur des achats et de l'amélioration de la performance, Louis-Pierre Wenès, 60 ans, a supervisé à partir de septembre 2005 la mise en place du plan "Next", pour moderniser l'opérateur. Puis il a été chargé en 2006 des opérations en France et de la transformation du groupe. Depuis février, il est aussi directeur général adjoint.

C'est un coup dur pour Louis-Pierre Wenès. Le cadre dirigeant avait déclaré la semaine dernière dans le Nouvel Observateur qu'il considérerait un éventuel lâchage comme "une monstrueuse manipulation". Les suicides? Une affaire montée en épingle par les syndicats et les médias, selon lui.

Celui qui est surnommé comme "le boucher" au sein de l'entreprise estime que le problème est dû à "une petite partie des employés" qui "n’arrivent pas à changer de culture: passer du 22 à Asnières à la Livebox Internet".

Son remplacement par Stéphane Richard aurait été évoquée jeudi dernier, lors d'une rencontre entre Didier Lombard et la ministre de l'economie Christine Lagarde, selon le site internet de l'hebdomadaire Le Point. Selon l'hebdomadaire, si le gouvernement soutient publiquement le PDG, il est exaspéré par ses fautes de communication répétées depuis le début de la crise à France Télécom.