FMI: comment ça marche?

Elsa Meyer

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Crée en 1944 lors des accords de Bretton Woods, le Fonds monétaire international (FMI) compte aujourd'hui 186 pays membres.

Selon son statut, ses missions sont au nombre de six: promouvoir la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; établir un système multilatéral de règlement des transactions; mettre des ressources temporairement à la disposition des Etats selon certains conditions et réduire l'ampleur des déséquilibres des balances des paiements des États membres.

Pour atteindre ces objectifs, le Fonds exerce trois fonctions essentielles: la surveillance des situations économiques des pays, l'assistance technique et les opérations de prêts.

La surveillance

Le premier rôle du FMI est donc, à intervalles réguliers (habituellement une fois par an), d'évalue en profondeur la situation économique de chaque pays. Il examine avec les autorités si les politiques économiques sont les plus propices à la stabilité externe et interne et offre des conseils si nécessaire.

Dans son

son rapport annuel pour 2009
, le FMI a souligné la nécessité de renforcer son action de surveillance notamment sur le secteur financier des pays membres. Lors du G20 de Pittsburgh, les Etats ont d'ailleurs chargé le FMI de contrôler davantage les déséquilibres et de faire des recommandations de politique économique aux pays pour qu'ils prennent des mesures correctives adaptées.

Assistance technique

En ce qui concerne sa mission d'assistance technique, le Fonds aide les pays membres à concevoir et appliquer des politiques efficaces dans le domaine des finances publiques, de la politique monétaire et de change, du contrôle et la réglementation du système bancaire et financier, et des statistiques.

Opérations de prêts

Les opérations de prêt restent enfin l'activité essentielle du FMI, notamment depuis le début de la crise et la multiplication des Etats menacés de faillite. Le Fonds dispose pour cela de plusieurs outils, adaptés à chaque situation spécifique: des mesures par exemple de Facilités pour les pays pauvres ou des Lignes de crédit modulables pour les pays plus solides économiquement.

Le FMI propose également une aide d’urgence en cas de catastrophe naturelle ou de sortie de conflit.

En mars 2009, face aux critiques qui lui ont été faites, le FMI a annoncé une simplification des procédures d'attribution de ses prêts, en fixant moins de conditions préalables, pour apporter son aide plus efficacement et plus rapidement aux pays en difficultés.

Le principal volet de cette réforme est la création d’une Ligne de crédit modulable, conçue pour apporter des financements importants et immédiats aux membres dont les économiqes sont très solides. Jusqu'au début de la crise en effet, l'action du FMI se concentrait plutôt sur les pays pauvres ou en développement.

Les ressources du FMI

La majorité des ressources du Fonds provient des Etats membres. Chacun d'entre eux se voit assigner une quote-part qui correspond à peu près à son poids relatif dans l’économie mondiale. Elle représente le maximum de sa contribution aux moyens financiers du FMI.

En avril 2009, face à la crise, les chefs d’État du G20 ont décidé de tripler les ressources du Fonds monétaire international à 750 milliards de dollars, d'autoriser le FMI a émettre des Droits de Tirages spéciaux (DTS) pour 250 milliards de dollars et à vendre de l'or, le tout pour un total de 1.100 milliards de dollars.

Le système de quote-part détermine également en grande partie l'influence qu'exerce les entités membres dans les décisions de l'institution. A Pittsburgh, le G20 a décidé du transfert d'"au moins 5%" des quote-parts du FMI aux "pays émergents et en développement dynamiques" pour une meilleure représentation de ces Etats dans le Fonds.

Cette évolution doit se faire avant 2011 mais la méthode n'a toujours pas été déterminée.