Économie

Ce que l'Opep peut perdre à Copenhague

Les pays membres de l'Opep redoutent l'instauration d'une taxe sur le pétrole et le gaz lors du sommet sur le climat de Copenhague.

Les pays producteurs de pétrole de l'Opep ont quelques milliers de milliards de dollars à "perdre" d'un accord sur le climat à Copenhague, a reconnu l'Agence internationale de l'énergie. L'AIE a chiffré à environ 4 milliers de milliards de dollars d'ici 2030 le manque à gagner que pourrait représenter pour les producteurs l'adoption de politiques "vertes".

Sans changement de politiques énergétiques, "les revenus de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se chiffreront à 28 milliers de milliards de dollars entre 2008 et 2030. Ils ne seront "que" de 24 milliers de milliards" si des mesures décisives contre le réchauffement climatique permettaient de limiter au niveau de 450 ppm (parties par million) les émissions de CO2, a affirmé Fatih Birol, le directeur des études de l'AIE.

Même dans cette dernière hypothèse, a aussitôt souligne Fatih Birol, "les revenus de l'Opep seraient 4 fois supérieurs" à ceux de la période 1985-2007.

"Ajournement de revenus"

L'adoption de mesures décisives contre le réchauffement climatique représenterait certes un manque à gagner de 4 milliers de milliards de dollars, mais "on peut le voir comme un simple ajournement de revenus (pour les producteurs), car les réserves plus importantes laissées dans le sous-sol seront une source de revenus pour les générations futures", précise l'agence dans son rapport.

La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère limitée à 450 ppm (parties par million) permettrait, selon les scientifiques, de limiter la hausse de la température mondiale à + 2 degrés.

"Retombées négatives"

Sans infléchissement des politiques énergétiques actuelles, la demande de pétrolière devrait atteindre 105,2 millions de barils par jour (mb/j) d'ici 2030. En revanche, elle n'atteindrait que 89 mb/j dans le scénario de 450 ppm, soit une progression de seulement 5 mb/j sur 20 ans, a expliqué l'AIE.

Les membres de l'Opep, dont l'Algérie, "redoutent (...) l'imposition de nouvelles taxes sur le pétrole et le gaz" qui pourraient être décidées à Copenhague en décembre car elles auraient "des retombées négatives sur les économies des pays" membres du cartel, avait déclaré dimanche à Alger le ministre algérien de l'Energie et des mines, Chakib Khelil.

"Les pays membres de l'Opep dont l'Algérie devront coordonner ensemble leurs positions quant à la décision devant sanctionner cette conférence afin de protéger leurs intérêts", a-t-il ajouté, toujours de même source.