L'enjeu économique des veines

Roxane Signoret

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Plus sûres que les cartes de crédit? Ce ne sont pas les empreintes digitales ni occulaires, ni la forme du visage, mais les veines. Elles sont une nouvelle étape dans la reconnaissance biométrique et nombreuses sont les entreprises à s'intéresser à ce système.

En effet, l’identification veineuse présente de nombreux avantages par rapport aux empreintes digitales. Elle serait tout d’abord plus fiable, car, même en vieillissant, la configuration des veines ne s’altère pas autant que les empreintes. De plus, l’identification peut se faire même avec les doigts sales ou à travers un gant fin.

Clé biométrique sans contact

Après avoir approché la main d'un capteur, celui-ci envoie sur les tissus une lumière invisible, proche de l'infra-rouge. Les veines étant déficientes en oxygène, cette lumière est absorbée, et le schéma vasculaire ainsi mis au jour peut être photographié par le capteur, qui en déduit une clef biométrique, autorisant ou non l'accès.

"La différence, c'est que la reconnaissance veineuse se fait sans contact" explique Alain Choukroun, directeur général de Zalix, une entreprise française experte en biométrie, car ce système d'identification est fondé sur la reconnaissance des veines par le dos ou la paume de la main... Une aubaine en période de pandémie grippale!

Ce sont des scientifiques qui se sont aperçus dans les années 1990 que le réseau veineux était propre à chaque individu. Une information qui n’a pas échappé aux industriels. Sony a établi son propre dispositif baptisé Mofiria. Mais ce sont surtout Hitachi et Fujitsu qui excellent dans le développement biométrique des veines.

Les banques intéressées

Le système Palm Vein Pattern de Fujitsu intéresse en premier lieu les établissements bancaires. Le réseau veineux du client est enregistré soit dans une base de données, soit dans une puce sur la carte bancaire. La banque japonaise de Tokyo-Mitsubishi distribue déjà des cartes biométriques à ses clients, qui peuvent ainsi retirer ou déposer de l'argent dans toutes les agences équipées d'un scanner.

Le groupe japonais Hitachi, a quant à lui développé un capteur biométrique destiné aux voitures. Seul les conducteurs légitimes pourront demarrer... La fin des cars jacking?

Les applications de ce procédé sont donc multiples même s'il vise surtout les grandes et petites entreprises, le bâtiment, le monde médical, les aéroports, mais aussi l'hôtellerie de luxe, les spas... Bref des secteurs qui pourraient être très intéressés par l’accès biométrique. Pas sûr pour autant que ce progrès technologique enchante les pourfendeurs du fichage numérique... Même si cette technique a reçu un avis favorable de la Cnil et qu’elle résout les contraintes légales pesant sur l’identification par empreintes digitales.

En effet, le réseau veineux permet une biométrie dite "sans trace", contrairement aux empreintes, que l’on peut laisser sur n’importe quel objet. Ici, l’image vasculaire ne peut pas être capturée à l’insu de quelqu’un.