Jouyet: le G20 n'est pas allé assez loin sur la régulation

T.V avec AFP

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Le président de l'Autorité des Marchés financiers (AMF) Jean-Pierre Jouyet a estimé lundi que le sommet du G20 de Pittsburgh n'a pas été assez loin sur la régulation des marchés, alors que selon lui l'Europe tarde à intervenir dans ce domaine.

"L'insuffisance du G20 est de ne pas aller assez loin sur la régulation des marchés et de ne pas donner de principe directeur assez fort", a affirmé M. Jouyet devant des journalistes. "C'est la désorganisation des marchés qui crée la volatilité" et "le caractère excessif des rémunérations", une des préoccupations du G20 via la question des bonus, a-t-il ajouté.

M. Jouyet a mis en avant le manque des transparence des marchés et rappelé que moins de 50% des transactions sont régulées au niveau international, en raison de la place grandissante des marchés de gré à gré et l'émergence des plateformes alternatives, concurrentes des Bourses traditionnelles.

"Que vous ayez une taxe sur les opérations de marché de gré à gré, sur les marchés non transparents, sur les "dark pools" (où les investisseurs ne sont connus qu'une fois la transaction achevée, ndlr), je suis d'accord", a-t-il déclaré, même si cette possibilité ne réduira pas, selon lui, la spéculation.

L'Europe à la traîne

Le président de l'AMF a également plaidé pour une "accélération du calendrier" concernant le réexamen par la Commission européenne de la directive Midif (lancée fin 2007 pour favoriser la libéralisation du marché boursier), avant mi-2010 comme initialement prévu. "Si on attend mi-2010, les Etats-Unis vont définir les règles" auprès des opérateurs européens", a-t-il martelé."La directive Mifid a causé tout ce désastre. Elle a fait que nous sommes en Europe en retard par rapport aux Etats-Unis sur les réflexions et les régulations en matière de marchés de produits dérivés, sur les marchés de matières premières etc", a estimé M. Jouyet.

Les marchés de produits dérivés se sont développés avec très peu de contrôles, les produits s'échangeant de gré à gré, contrairement à ce qui se passe sur les marchés organisés de type actions et obligations.