Des députés UMP se rebiffent contre le bouclier fiscal

D.H. avec AFP

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La contribution sur les plus hauts revenus, proposée par le député UMP Pierre Méhaignerie contre l'avis du gouvernement, a reçu mercredi 18 mars un avis favorable en commission des Finances de l'Assemblée. Cet amendement, cosigné par Pierre Méhaignerie et Charles de Courson (Nouveau Centre), doit encore faire l'objet d'un vote lors de l'examen du collectif budgétaire mercredi et jeudi à l'Assemblée. Il a été voté par deux députés UMP (François Goulard et René Couanau) et deux députés Nouveau centre, et les membres de l'opposition, a indiqué à l'AFP François Goulard.

Le gouvernement et les responsables de l'UMP s'opposent à la proposition de Pierre Méhaignerie, comme à toute remise en cause du bouclier fiscal qui plafonne l'impôt à 50% des revenus. Le président du groupe UMP Jean-François Copé a aussitôt "regretté" ce vote: "Notre groupe n'est pas favorable. En séance, la position du groupe sera d'inviter notre Assemblée à le repousser". Le porte-parole de l'UMP pour le Budget Jérôme Chartier a lui dénoncé "un coup politicien" du président PS de la commission des Finances Didier Migaud, l'accusant d'avoir fait approuver l'amendement en l'absence de députés UMP hostiles à l'amendement. L'entourage de Didier Migaud a répondu que ce dernier avait proposé de suspendre la réunion en attendant Jérôme Chartier et plusieurs de ses collègues UMP, mais que le rapporteur UMP Gilles Carrez avait repoussé cette demande.

Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, suggère une participation financière "des très hauts revenus à l'effort national" pour faire face à la récession. "En période de crise hors du commun, la solidarité des hauts revenus doit jouer. On peut imaginer une contribution exceptionnelle portant sur les revenus supérieurs à 300.000 euros par an", avait-il expliqué à la presse en début de semaine.

Concrètement, l'amendement prévoit de "créer une contribution exceptionnelle au taux de 5%" pour "la fraction excédant 69.505 euros du revenu imposable par part servant de base au calcul de l'impôt sur le revenu". "Augmenter les impôts des plus riches, c'est à terme augmenter les impôts des moins riches", a estimé mercredi le ministre du Budget, Eric Woerth, pour repousser la proposition de Pierre Méhaignerie.