Deux millions de voitures électriques en 2020

Guillaume Guichard

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L'objectif est ambitieux: "faire de la France et de l'industrie énergétique et automobile française des leaders mondiaux" de la voiture électrique, a annoncé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, jeudi 1er octobre. "Aucun acteur ne peut prendre le risque tout seul, mais si tous les acteurs le prennent en même temps, ça marche", a t-il expliqué.

100.000 véhicules lancés par l'Etat

Pour cela, le gouvernement entend soutenir la filière en lançant un plan national. L'objectif: d'ici à 2020, deux millions de véhicules 100% électriques et hybrides (mi-électrique, mi-essence) rouleront sur les routes françaises. "Cela correspond à 5% du parc automobile français en circulation, cela me paraît donc un objectif réaliste, voire prudent", estime Guillaume Mouren, analyste chez Xerfi.

L'Etat, des collectivités et de grandes entreprises commanderont 100.000 véhicules électriques d'ici 2015 afin de créer l'embryon d'un marché et aider les constructeurs à rentabiliser leurs investissements.

Afin d'aider la filière, l'Etat va investir 125 millions d'euros dans la construction d'une usine Renault de batteries à Flins. Le coût total sera de 625 millions d'euros.

1 million de bornes et 75.000 bornes publiques

Point crucial, pour convaincre les consommateurs et les entreprises de se convertir à la voiture électrique, le réseau de bornes de recharges va recevoir des aides massives de l'Etat. Un million de points de recharge, qui seront à 90% implantés au domicile ou sur le lieu de travail, seront créés d'ici à 2015.

Pour compléter ce réseau, 75.000 points de recharge publiques (voirie, parkings) supplémentaires sont prévus pour un investissement de 1,5 milliard d'euros, dont 900 millions pourraient être cofinancés par l'Etat via le grand emprunt.

Cela suffira-t-il à créer un marché pour la voiture électrique? "Le gros problème de ce véhicule, c'est son coût: le surcoût lié à la batterie est estimé à 5.000 euros, soit le montant du superbonus qui sera versé aux clients jusqu'en 2012", rappelle Guillaume Mouren. "Peut-être faudra-t-il d'ailleurs prolonger cette prime, afin de favoriser l'industrialisation massive de ces véhicules pour qu'ils soient rentables et que les constructeurs puissent, à terme, baisser leurs coûts".