Services bancaires: attention aux frais inutiles

Julien Beauvieux

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L'enquête annuelle CLCV-Mieux Vivre Votre Argent, réalisée depuis sept ans maintenant, a intégré cette année une nouveauté: la comparaison entre les tarifs des frais bancaires "à la carte" et les "packages" proposés par toutes les banques (en fait, 124 établissements). Ces derniers, sortes de forfaits de services (carte bleue, assurances, accès à distance, autorisation de découvert, produits d'épargne…) sont aujourd'hui utilisés par 43% des Français, selon le sondage MV2/SSI réalisé pour la CLCV. En vogue, ils sont pourtant loin d'être indispensables dans la plupart des cas. 51% des consommateurs interrogés ayant un package déclarent ne pas utiliser tous les services qu'il contient.

Basée sur les tarifs en vigueur au 1er février 2009, l'étude insiste en outre sur le coût de ces formules. A périmètre de services équivalents, l'écart de prix peut aller du simple au double. L'enquête présente ses résultats pour trois profils de clients ("petit client", "couple actif" et "couple boursicoteur"), qui traduisent différents niveaux de besoins. Pour le premier profil, la facture moyenne s'élève à 73,10 euros "à la carte" et à 111,60 euros pour le package correspondant, soit un surcoût de plus de 50%.

Les clients du second segment règlent une facture annuelle moyenne de 225,30 euros en retenant la solution la moins chère dans chaque établissement. Ils sont perdants dans la majorité des banques avec le "package", qui peut alourdir la facture jusqu'à 33%. Mais des économies sont possibles, notamment dans les banques à réseau national. Au CIC, par exemple, un "package" coûte ainsi 176,70 euros, soit 26,5% de moins que l'équivalent à la carte.

Le match est plus serré pour les "couples boursicoteurs", qui dépensent en moyenne 647,90 euros par an. Alors que le choix d'un "package" dans une banque nationale est généralement défavorable, les réseaux mutualistes tirent leur épingle du jeu. Deux fédérations du Crédit Mutuel arrivent en tête des établissements les moins chers avec des "packages" faisant économiser entre 13% et 32% par rapport à une formule à la carte. En outre, dans 16% des établissements où la formule à carte est la plus intéressant, le surcoût des packages n'est que de 5%.

Faire un comparatif des offres "package" et "à la carte" peut donc s'avérer utile. D'autant que les tarifs à la carte sont orientés à la baisse, "entre 5,4% et 6,5%" selon les profils de consommateurs, explique la CLCV. Par exemple, l'abonnement banque à distance a diminué en moyenne de -15%, les frais d'incidents de paiements de -14,69% pour les chèques en bois et de -8,39% pour les prélèvements désormais plafonnés par la loi. En revanche, les frais de retraits automatiques dans une tierce banque sont en hausse de 10%. Les droits de garde des produits d'épargne sont également en hausse (+2,2% pour un PEA de 19.000 euros).

Les disparités sont cependant très importantes selon les produits et les établissements, y compris dans les réseaux mutualistes qui ne disposent pas d'une politique commerciale commune. "La banque devient un budget dans le budget des ménages. Les gens doivent être actifs et faire jouer la concurrence entre les établissements", explique Reine-Claude Mader, présidente de la CLCV. Depuis début janvier, les clients disposent d'ailleurs d'un outil de contrôle avec le relevé de frais bancaires qui oblige les banques à synthétiser l'ensemble des frais prélevés sur le compte du client.