Journée de mobilisation: les revendications par secteur

Guillaume Guichard

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Le succès de la grève de jeudi 19 mars dépendra en grande partie de la mobilisation des employés du privé. Derrière les 1.100 salariés de l'usine Continental de Clairoix, qui défileront contre la fermeture du site picard, les employés du privé seront mobilisés jeudi 19 mars sur le thème de l'emploi, des conditions de travail et du pouvoir d'achat. Les syndicats CGT et Sud s'attendent à une mobilisation supérieure à celle de la précédente journée de mobilisation, le 15 janvier 2009. E24 fait le point secteur par secteur.

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- La chimie. "Le secteur de la chimie fait face à une casse sociale sans précédent", clame un porte-parole de la CGT Industries Chimiques. Fermeture de l'usine Continental de Clairoix (1.100 d'employés concernés), annonce d'un plan social chez Goodyear à Amiens (1.000 emplois), suppression de 130 postes sur le site Total de Gonfreville, et de 179 postes chez Faurecia à Auchel, dans le Nord… De quoi largement mobiliser les troupes, selon les responsables syndicaux, sur le thème de l'emploi, mais aussi des salaires et de la santé au travail. "Un salarié débutant sans qualification, dans le secteur de la chimie, gagne 1.300 euros par mois (mais plus dans la branche pétrole), nous réclamons 1.600 euros", revendique d'ores et déjà la CGT. Autre thème de la journée d'action, la santé au travail: des procès sur les contaminations à l'amiante sont toujours en cours, rappelle la CGT.

- La métallurgie. Dans ce secteur durement frappé par la crise, là encore la préoccupation principale sera l'emploi. Et ce ne sont pas les employés d'ArcelorMittal qui le contrediront. Le géant de la sidérurgie a annoncé un plan de 1.400 suppressions de postes en France. Cette manifestation sera aussi l'occasion de protester contre les mesures de chômage partiel auxquelles les constructeurs automobile ont eu largement recours pour faire face à la baisse de leurs commandes, comme ce fut le cas pour Renault et PSA Peugeot-Citroën.

- L'agroalimentaire. Moins touchés par la crise, les employés du secteur ont eux basé leurs revendications sur le pouvoir d'achat. "Les salariés de l'agroalimentaire gagnent en moyenne des salaires inférieurs de 10 à 15% au reste de l'industrie", se plaint un porte-parole de la CGT Agroalimentaire. "Or, le patronat ne propose des augmentations que de 0,5 à 1% pour 2009". Les conditions de travail seront aussi au cœur des préoccupations. Selon la CGT, le nombre de maladies professionnelles a été multiplié par 4 entre 2000 et 2007. Le thème de l'emploi n'en sera pas pour autant mis de côté. Les salariés d'Amora, à Dijon, font déjà grève depuis trois jours pour protester contre la fermeture du site prévue d'ici fin 2009, qui menace 265 postes.

- La distribution. Les salariés du groupe PPR devraient être les plus mobilisés. Ils protestent contre la suppression annoncée de 400 postes

à la Fnac
et de 800 postes à Conforama. Sans parler de la situation difficile dans laquelle se trouve
La Redoute
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- L'énergie. Pour les salariés d'EDF la grève sera l'occasion de manifester contre la politique d'externalisation d'EDF, notamment la sous-traitance de la relève de compteurs, cite la CGT à titre d'exemple. Il s'agira aussi pour les salariés de l'électricien de montrer leur détermination à défendre certains de leurs acquis, comme la retraite anticipée, attribuées aux salariés effectuant des métiers reconnus difficiles.