Les banques doivent être claires sur les paradis fiscaux

E24 avec AFP

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Le ministre du Budget Eric Woerth a déclaré, mardi 21 octobre, que les banques françaises qui bénéficieront du plan de soutien au secteur bancaire devront être "totalement claires sur (leurs) relations avec les paradis fiscaux". "Une banque française qui bénéficie du soutien national devra être totalement claire sur ses relations avec les paradis fiscaux", a souligné Eric Woerth, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion internationale à Paris sur les paradis fiscaux.

Cette condition devrait donc s'appliquer aux banques qui bénéficieront du plan de soutien de 360 milliards d'euros, dévoilé la semaine dernière. Lundi 20 octobre, le gouvernement a annoncé l'injection par l'Etat d'ici la fin de l'année de 10,5 milliards d'euros dans les six plus grandes banques privées françaises pour qu'elles puissent financer suffisamment l'économie.

Liste noire

Les dix-sept pays réunis à l'initiative de l'Allemagne et de la France ont demandé à l'OCDE de réviser sa "liste noire " des paradis fiscaux non coopératifs d'ici mi-2009, a, par ailleurs, indiqué le ministre français du Budget. "Nous voulons parvenir à une liste noire des paradis fiscaux officiels", a déclaré Eric Woerth, précisant qu'il y aurait une nouvelle conférence à Berlin en mai ou juin 2009 sur le sujet. "Nous avons demandé à l'OCDE de réactualiser, de faire le ménage dans la liste" a-t-il dit.

Suisse listée

Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a, lui, estimé que la Suisse méritait d'être inscrite sur la "liste noire" des paradis fiscaux, lui reprochant de ne pas coopérer suffisamment en matière fiscale. "La Suisse devrait être sur la liste noire et non sur la liste verte" (des bonnes pratiques en matière de coopération fiscale, ndlr), a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Je ne remets pas en cause la souveraineté de la Suisse ou du Liechtenstein. c'est la souveraineté de la République fédérale d'Allemagne qui est mise à mal par les conditions offertes par certains pays", a-t-il ajouté.

Limites

Eric Woerth s'est lui aussi exprimé dans ce sens. "Le secret bancaire a trouvé ses limites. La Suisse a fait des progrès (...) mais nous devons aller beaucoup plus loin", a déclaré le ministre français du Budget.