Le médiateur de la République propose un encadrement des crédits revolving

E24 avec AFP

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Le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye, a proposé ce lundi de mieux encadrer les crédits revolving en plaidant pour la mise en place d'un crédit "responsable", permettant de trouver "un juste équilibre entre l'emprunteur, le prêteur et le vendeur". "Il n'est pas question de supprimer le crédit revolving, mais de réfléchir à sa bonne utilisation", a-t-il déclaré sur RTL.

Le crédit revolving (ou crédit permanent) est une forme de crédit à la consommation. Souvent accompagné d’une carte, il permet de disposer d’une réserve d’argent qui se renouvelle, dans la limite d'un plafond fixé, au fil des remboursements.

Sensibiliser

"Il y a un problème d'éducation et d'accompagnement, a estimé Delevoye. Il faut sensibiliser l'emprunteur aux conséquences de la mise en place du prêt, mais aussi le vendeur et le prêteur. Nous pouvons trouver un juste équilibre entre la responsabilisation des trois".

Pour le médiateur, "la crise économique qui s'annonce va augmenter la notion de précarité et va inciter un certain nombre de personnes à combler une fin de mois par ces crédits revolving. Il faut remettre au sein de l'économie l'idée que (...) quand on a 2 on ne peut pas dépenser 3".

Fichier négatif

Il a également à nouveau proposé de rendre obligatoire avant l'octroi d'un prêt la consultation du fichier national de remboursements des crédits aux particuliers (FICP), dit "fichier négatif".

Selon Jean-Paul Delevoye, près de 6 millions de Français disent rencontrer des difficultés à rembourser leurs dettes, alors que 180.000 dossiers sont examinés par les commissions de surendettement chaque année. "On ne peut avoir une croissance économique saine que si elle se construit sur un climat social sain", a-t-il estimé.

"Aujourd'hui, nous avons affaire à une situation sociale extrêmement compliquée dans laquelle les organismes bancaires, la Banque de France et les organismes politiques peuvent réfléchir à la mise en place de ce crédit responsable, parce que tout le monde y a intérêt", a-t-il conclu.