Le gouvernement allemand veut plus de transparence sur les OPA

E24 avec AFP

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Berlin veut tirer des leçons de l'envolée spectaculaire de Volkswagen en Bourse. La montée éclair de Porsche au capital de son homologue allemand via des options sur action (droit d'acheter des actions à un prix déterminé à l'avance jusqu'à une date fixée) a créé une panique boursière que le gouvernement allemand ne veut pas voir se reproduire.

Il veut donc forcer les investisseurs qui achètent ces options sur actions à le déclarer, selon le Financial Times Deutschland lundi. Berlin se donne jusqu'à avril pour les soumettre à une obligation de déclaration semblable à celle qui pèse sur les achats d'actions proprement dites, avance le quotidien.

Jusqu'ici en Allemagne, un investisseur est forcé de se déclarer aux autorités financières dès qu'il franchit certains seuils successifs au capital d'une entreprise, notamment lors d'une offre publique d'achat (OPA). Mais il est dispensé de cette obligation s'il accumule des options sur actions, même en grande quantité. Ce dont a profité Porsche à la rentrée. Le constructeur de voitures de sport a pu s'emparer en secret de très nombreuses options d'achat sur des actions de Volkswagen, dont il est en train de prendre le contrôle, s'arrogeant de facto une mainmise sur 75% du capital.

Panique

La révélation par Porsche de ses achats a provoqué un mouvement de panique sur le marché. De nombreux fonds d'investissements se sont immédiatement rués sur des titres Volkswagen afin de couvrir leurs positions. Ces derniers avaient notamment parié sur la baisse du titre, en achetant des actions à découvert (sans posséder l'action). Le titre étant devenu denrée rare (moins de 10% de capital flottant), elle a alors connu une course folle en Bourse, avec des hausses de 100% par jour.

Une manœuvre similaire avait été effectuée par l'équipementier automobile Schaeffler, qui s'est lancé à l'assaut de son concurrent Continental via des achats d'options sur actions, échappant ainsi à l'obligation de déclaration.