Trop de boulot au pôle emploi

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Les agents du Pôle Emploi n'ont pas et ne vont pas manquer de travail avec la montée en puissance du chômage.

Mais le malaise règne dans l'administration qui souffre du manque de moyens, des tensions avec les nouveaux inscrits au chômage et de la pression de la direction, raconte un agent ANPE sous un pseudonyme dans "Confessions d'une taupe à Pôle emploi" (Ed Calmann-Lévy)

L'auteur qui a collaboré avec une journaliste, Anne Rossigneux, parle de "ces agents qui craquent" dont il a fait partie avec quelques dizaines d'agents victimes d'une agression physique. En 2009, un demandeur d'emploi, irrité par un problème administratif, a renversé son bureau et lui a asséné un coup de poing au visage.

Fusion à marche forcée

L'auteur assène aussi quelques uppercuts dans son livre.

Les agents sont souvent démunis et débordés par la fusion de l'ANPE et des Assedics en janvier 2009. Ils sont amenés à suivre 130, voire 198 demandeurs d'emploi, contre un objectif de 60 du gouvernement. "Aujourd’hui, j’ai un portefeuille de 200 demandeurs d’emploi", confesse l'auteur du livre dans une interview à notre partenaire 20Minutes.

"La majorité des agents ex-ANPE n’ont eu droit qu’à 3 jours de formation sur le métier de l’indemnisation. Et nombre de leurs confrères ex-Assedic ont suivi 6 heures de modules e-learning. Rares sont ceux qui ont bénéficié de complément de formation ensuite", ajoute t-il.

Pôle emploi n'est pas seul en cause dans les dérives du système. L'auteur cite l'exemple d'un chef d'entreprise peu scrupuleux qui a débauché le salarié d'un concurrent, le poussant à s'inscrire à Pôle emploi avant lui signer son contrat afin de toucher une aide de l'Etat et avoir 45% de salaire en moins à lui payer pendant douze mois.

"Machine à radier"

Le livre raconte aussi comment l'administration "orchestre la suspicion permanente" envers les chômeurs. "On demande par exemple aux agents de contrôler les papiers d’identité des demandeurs, à l’aide d’une lampe à UV. Au cas où ils seraient détenteurs de faux papiers", déclare t-il à 20Minutes.

Pôle Emploi est devenu une "machine à radier" selon "la taupe". La technique: "par exemple, en proposant aux demandeurs d'emplois des offres de postes hors de leur champ de compétences de façon à ce qu’ils les refusent. Ou en les convoquant davantage, car ceux qui ne pourront pas venir et oublieront de prévenir pourront être sanctionnés".

"Il n'y a pas eu d'instructions, ni de prime donnée aux collaborateurs ou aux directeurs d'agence qui radient", a commenté mercredi le directeur général du Pôle Emploi, Christian Charpy qui estime que le livre "donne une vision assez négative qui ne correspond pas à la réalité".