Trois dirigeants de Merrill Lynch vont être entendus sur le versement de bonus

Julien Beauvieux

— 

L'enquête d'Andrew Cuomo sur le versement des bonus de Merrill Lynch prend de l'ampleur. Le procureur de New-York a cité à comparaître plusieurs anciens dirigeants de la banque américaine jusque-là restés dans l'anonymat de la procédure, selon le Wall Street Journal.

Le patron de la banque d'affaire du groupe, Andrea Orcel, le chef des ventes mondiales de la banque, Thomas Montag, qui travaillent désormais tous les deux pour Bank of America, vont devoir s'expliquer sur les millions de dollars qu'ils ont reçus l'an dernier. Peter Kraus, l'ancien directeur de la stratégie, aujourd'hui directeur général de la société de gestion AllianceBernstein Holding, est également concerné.

Les noms de ces trois dirigeants et de huit autres cadres de Merrill Lynch avaient été cités mercredi 4 mars dans un article du Wall Street Journal. Le journal y énumérait nominativement et dans le détail les bonus reçus l'an dernier par ces cadres.

Ces citations à comparaître interviennent alors qu'Andrew Cuomo a déjà entendu l'actuel président de Bank of America, Kenneth Lewis, ainsi qu'un autre cadre dirigeant de la banque, Steele Alphin. Le procureur a également entendu à deux reprises John Thain, l'ancien dirigeant de Merrill Lynch.

Le 11 février dernier, Andrew Cuomo avait par ailleurs fourni la liste des primes octroyées par la banque peu avant son rachat par Bank of America, sans préciser le nom des bénéficiaires. Quatre responsables s'étaient notamment partagé 121 millions de dollars et 14 personnes avaient touché 10 millions de dollars ou plus.

Sur fond de crise financière et d'aide étatique, l'affaire des bonus versés en catimini par Merrill Lynch est devenue depuis le début de l'année un enjeu judicaire et politique de taille.

Alors que l'établissement a essuyé une perte de plus de 15 milliards de dollars au quatrième trimestre 2008, Merrill Lynch a offert quelque 3,6 milliards de dollars de primes l'an dernier, alors qu'elle était en procédure de rachat par Bank of America. Pour faciliter la fusion, Bank of America avait en outre reçu 20 milliards de dollars de la part du Trésor, portant à 45 milliards l'ensemble des aides publiques perçues par les deux établissements.