Le coût astronomique de la crise financière

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Combien coûtera au monde la crise financière qui dure depuis le début de 2008 et s’est brutalement accélérée avec la faillite de la banque Lehman Brothers? La réponse est à la fois effrayante et complexe. En février 2008, Bank of America avait fait ses premiers calculs. Pour elle, la crise des subprimes (des crédits immobiliers irrécupérables) allait faire partir en fumée au moins 7.700 milliards de dollars en capitalisation boursière aux Etats-Unis. Ce chiffre est gigantesque – il équivaut à la moitié de toute la richesse produite en un an dans l’Union européenne – mais c’est un peu de l’argent virtuel, le reflet de l’idée que les investisseurs de font des profits futurs des entreprises. Avec ce chiffre, qui est aujourd’hui largement dépassé, la crise est déjà bien plus grave que le krach de 1987, la plongée du real brésilien en 1999 ou la chute du hedgfe fund Long Term Capital Management (LTCM) en 1998.

Ce qui est plus grave, c’est l’argent réel qui est englouti dans le sauvetage du système. La chaîne financière CNBC a suivi de près les plans de sauvegarde et calculé l’addition au jour le jour. A ce jour, elle se monte à 3.800.000.000.000 dollars. Ou 3.800 milliards de dollars. Plus que l’argent dépensé pour la seconde guerre mondiale, ou pour le New Deal de Roosevelt, si l'on tient compte de l’inflation.

Que recouvre cette somme? Des dépenses, des garanties, des prêts, des swaps, et d’autres mécanismes de marché actionnés par la Fed, le Trésor et les autres agences gouvernementales américaines. Sur ce total de 3.800 milliards, 70% vient de la Réserve Fédérale (la banque centrale), 18% du programme Tarp (Treasury asset relief program) lancé par la loi de stabilisation économique d’urgence. Le Tarp est d’ores et déjà le programme public le plus couteux de toute l‘histoire des Etats- Unis.

N’oublions pas enfin que l’économie réelle va payer aussi un prix très lourd. Le Bureau International du Travail vient d’annoncer que la crise pourrait entraîner la suppression de 20 millions d’emplois à travers le monde.