Opel: Les Européens unis dans l'attente

Guillaume Guichard

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Ils ne peuvent rien faire d'autre qu'attendre. L'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique, qui comptent tous les trois des usines Opel sur leur sol, ont trouvé un accord, sous la houlette de Bruxelles, pour "continuer les discussions" à propos des aides à fournir pour aider General Motors à restructurer Opel.

GM a indiqué avoir besoin de 3,3 milliards d'euros pour financer la restructuration, une somme qu'il pourra en partie financer lui-même. L'Allemagne rechigne à remettre au pot. Elle a déjà maintenu Opel à flot durant la période des négociations avec le candidat malheureux à la reprise Magna. Une ligne de crédit de 1,5 milliard d'euros que GM vient de rembourser, a annoncé mardi la chancelière allemande Angela Merkel.

Course aux subventions

Le temps n'est donc plus à la course aux subventions, menée par l'Allemagne, pour tenter d'éviter la fermeture d'usine sur son territoire. Bruxelles veille désormais au grain. Les gouvernements devront suivre le principe édicté par Neelie Kroes, la commissaire européenne à la concurrence, selon lequel les aides publiques devront être uniquement basées sur des critères économiques.

Les Etats membres ont donc dû renoncer à tout levier pouvant influencer le plan de restructuration d'Opel mené par GM. Ils n'attendront d'ailleurs pas très longtemps avant de savoir à quelle sauce ils seront assaisonnés par le géant américain de l'automobile. Ce dernier devrait annoncer son plan dans la semaine, selon le premier ministre de la région Flandres.

10.000 emplois

"Le plan de GM devrait ressembler à celui présenté par Magna", le repreneur finalement éconduit, prévoit Ferdinand Dudenhöffer, directeur du centre de recherche sur l'automobile de Duisburg-Essen. GM a déjà annoncé son intention de réduire de 20 à 25% ses capacités de production en Europe, ce qui représente environ 10.000 emplois.

Quel paiera le plus lourd tribut? Difficile à dire avant la présentation du plan. Tout dépend de la productivité de chaque site. "Ces données ne sont pas publiques. On sait seulement que les usines belge (Anvers), britanniques et certains sites allemands (Bochum par exemple) et ne sont pas très productives", relève Ferdinand Dudenhöffer.

Bochum épargné

GM a promis, mi-novembre, qu'il ne fermera aucun site et a annoncé mardi qu'il ne fermerait pas le plus gros site allemand, Bochum.

Faut-il le croire? Il est improbable que l'Américain sauve toutes ses usines, selon Ferdinand Dudenhöffer. "Si GM poursuit le même plan que Magna, alors il devrait fermer l'usine d'Anvers", avance le chercheur allemand.

Une chose est sûre, selon le chercheur: "il serait complètement illogique pour GM de conserver tous ses sites européens. Ce ne serait tout simplement pas viable." A moins que GM, qui manque de cash, n'ait désespérément besoin de fonds publics pour restructurer Opel et se soumette aux désideratas des gouvernements.