"La France est entrée en récession plus tôt que prévu"

Propos recueillis par Jocelyn Jovène

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E24 - Quels commentaires vous inspire la statistique du PIB français ? Allez-vous réviser vos prévisions pour la France pour 2009 ?

Natacha Valla - On ne va pas bouger nos prévisions. Nous tablons sur une contraction de 2,9% du PIB de la France cette année. Le chiffre du premier trimestre est moins mauvais que ce que l'on attendait. Par contre, le chiffre révisé des troisième et quatrième trimestres 2008 n'est pas négligeable (-1,5% Vs -1% pour le quatrième), ce qui confirme que la France est en récession depuis plus longtemps que prévu. Les chiffres de l'INSEE montrent que l'on est actuellement au cœur de la crise.

Il y a des chances que l'on revienne en France en territoire positif au quatrième trimestre 2009, grâce à une évolution plus favorable des stocks et à une moindre détérioration de la balance commerciale. En outre, il faut noter que la consommation des ménages se tient bien. Elle joue un rôle d'amortisseur de la récession.

De nouvelles mesures de relance sont-elles nécessaires ?

Le débat n'est pas clos. Il faut voir l'évolution prochaine des indicateurs avancés, si une reprise se profile. Si ce n'est pas le cas et si la consommation venait à faiblir, ce serait peut-être le moment d'avoir un plan de relance ciblé sur la consommation.

Les déficits publics dérapent. Comment faut-il les combattre? Par l'inflation ou la hausse des impôts ?

Le débat sur les déficits publics ne devrait apparaître qu'en 2010. L'érosion des déficits par l'inflation en zone euro, je n'y crois pas. Le mandat de la Banque centrale européenne est très clair sur ce point. C'est donc sur la gestion des finances publiques qu'il faut se focaliser pour régler la question. Deux pistes sont possibles: soit on réforme les dépenses publiques, soit on augmente les recettes fiscales. La deuxième solution n'est peut-être pas une bonne idée dans un contexte de reprise molle de l'activité. Reste la réforme des dépenses publiques. Il faudra bien y venir. On peut trouver un moyen de réaliser des économies, sans passer nécessairement par des destructions massives d'emplois publics.