Xavier Bertrand: "la démission de Didier Lombard est hors-sujet"

T.V avec AFP

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Par la voix de Xavier Bertrand, le gouvernement a apporté son soutien à Didier Lombard, PDG de France Télécom dont les députés socialistes et communistes ont réclamé sa démission au lendemain du 24e suicide dans l'entreprise.

Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a jugé qu'une démission était "hors-sujet", préconisant plutôt une meilleure prévention du stress et de la souffrance au travail. Les députés communistes ont réclamé la démission de Xavier Lombard.

Le "sujet n'est pas là", a affirmé Xavier Bertrand. Didier Lombard "a bien fait de se rendre sur place", a ajouté le numéro un de l'UMP en commentant le déplacement du patron de France Télécom sur le site de Haute-Savoie où un salarié s'est jeté du haut d'un viaduc autoroutier lundi. C'est le 24e suicide d'un salarié en un an-et-demi à France Télécom.

"Plutôt que de faire de la communication à bon compte, nous pensons que la responsabilité d'un chef d'entreprise devrait passer par la démission, c'est la seule issue possible, en tout cas immédiatement, à cette affaire", a affirmé Benoît Hamon, porte-parole du PS, lors d'un point de presse rue de Solférino. "Le sujet le plus important est évidemment de remettre sur la table l'organisation du travail à France Télécom et que les syndicats soient à nouveau associés à sa mise en oeuvre", a-t-il ajouté.

Des règles folles?

Pour sa part, Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, s'est interrogé sur les règles "très troublantes" concernant la mobilité à France Télécom, tout en soulignant qu'il n'avait pas vocation à réclamer "la tête" du PDG. Face à un tel problème, "on ne peut pas avoir ce réflexe systématique de commencer par dire qu'en coupant une tête, on règlera le problème d'une entreprise". "Je pense que le sujet n'est pas là", a-t-il souligné devant la presse à l'issue de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

"Cette histoire de mobilité obligatoire au bout de trois ans, c'est troublant (...) Le management moderne, ce n'est pas un management de haut en bas. C'est fini tout ça. Et la mobilité professionnelle, c'est important mais tout est dans les modalités. Si ce qu'on nous en dit (à France Télécom) est exact, c'est fou!", a poursuivi M. Copé.

"La recherche effrénée de l'efficacité tue l'efficacité. On ne peut plus aujourd'hui manager les gens en faisant des règles pour tout le monde. Le management doit être souple pour être efficace. Si l'humain est cassé, on produit moins et on produit plus mal", a renchéri le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti.

Par ailleurs, les députés communistes ont demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Bernard Accoyer, président UMP de l'Assemblée nationale et maire d'Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), ville où s'est suicidé le salarié de l'opérateur juge nécessaire "qu'il y ait un travail extrêmement urgent et profond d'évaluation et de remise en cause d'un certain nombre de situations", a-t-il dit. Le PDG Didier Lombard a annoncé que l'entreprise mettait fin "au niveau national au principe de mobilité des cadres systématique tous les trois ans".

L'Etat avec l'ERAP est le principal actionnaire de France Télécom avec 26,75% des parts du groupe.