Beaucoup de procès au Total...

marion lippmann avec AFP

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Le 12 décembre 1999, le naufrage de l'Erika est à l'origine d'une terrible marée noire. Total SA a été condamné le 16 janvier 2008, pour pollution maritime, à l'amende maximale de 375.000 euros et à verser solidairement avec trois autres prévenus (Rina, Savarese et Pollara) 192 millions d'euros de dommages et intérêts aux parties civiles. Le procès en appel s'ouvre ce lundi.

Avec cette affaire, Total n'en est pas à son premier coup d'essai. De février à juin 2009 s'est tenu le procès pénal de la fameuse explosion de l'usine AZF de Toulouse, qui a fait 31 morts et des milliers de blessés. Avant même le procès, Total a versé une indemnisation de 220 millions d'euros pour 20.000 dommages corporels, et 2 milliards d'euros en comptant les dommages matériels.

Avant l'Erika, deux autres affaires de pollution ont été portées devant les juges. Le 16 mars 2008, une fuite de fioul intervenue dans la raffinerie Total de Donges a pollué l'estuaire de la Loire. Le pétrolier a été mis en examen en mars 2009, et a été contraint de payer 50 millions d'euros au titre de la dépollution. Dans une affaire similaire jugée en juin 2007, Total France, qui avait laissé s'échapper un nuage d'hydrocarbures de sa raffinerie de La Mède en août 2005, a été condamné à 10.250 euros d'amende.

Les activités de Total examinées par la justice dépassent aussi les frontières. En février dernier, la justice italienne a suspendu pour un an la concession d'exploitation de la filiale de Total Italie sur le gisement "Tempa Rossa". Une enquête préliminaire avait révélé des faits de corruption pour environ 10 millions d'euros. En décembre 2008, le patron de la filiale, Lionel Levha, a été interpellé et assigné à résidence.

Un an avant, en janvier 2007, une autre enquête préliminaire était ouverte, mettant en cause l'exploitation et la commercialisation de pétrole par Total au Cameroun en 2005-2006. La présumée "corruption d'agent public étranger" a été dénoncée par la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Economie (Tracfin).

Autre affaire de corruption: en décembre 2006, une instruction concernant le marché gazier en Iran a été ouverte, dans laquelle le PDG Christophe de Margerie a été mis en examen pour "corruption d'agents publics étrangers et abus de biens sociaux". Un contrat concernant le champ d'exploitation iranien South Pars signé par Total en 1997 est mis en cause.

L'enquête de la première affaire, "Pétrole contre nourriture", a été ouverte en 2002 à Nanterre. Elle porte sur le versement présumé de commissions illicites entre 1996 et 2002, qui auraient pour but d'obtenir des contrats en Irak. Le PDG a été mis en examen 2006 par le juge Philippe Courroye. Toutefois, le parquet de Paris a requis en août dernier un non-lieu à son encontre. D'autres cadres du groupe sont impliqués.