La réforme de santé adoptée par les représentants

— 

La réforme sur la couverture santé de Barack Obama a été adoptée samedi soir par la Chambre des représentants par 220 voix contre 215. Le Président a salué le vote historique de la Chambre et s'est déclaré "absolument confiant" sur l'issue d'un prochain scrutin au Sénat. Barack Obama espère ensuite promulguer la loi "d'ici la fin de l'année".

Le président Barack Obama s'était déplacé en personne samedi en milieu de journée pour exhorter les démocrates, dans un discours d'environ 30 minutes, à voter pour sa réforme, l'une de ses promesses de campagne. Ce plan, d'un coût net de près de 900 milliards de dollars sur 10 ans (2010-2019) doit offrir une couverture santé aux 36 millions d'Américains qui en sont dépourvus.

Au total, 96% d'Américains seraient couverts dans le cadre du plan démocrate, qui cherche à faire baisser les coûts de la santé. Cette réforme ferait économiser 129 milliards sur 10 ans, selon le Bureau du budget du Congrès (CBO).

Par ailleurs, le plan prévoit la création d'un système d'assurance maladie géré par le gouvernement qui doit être mis en concurrence avec les compagnies privées.

Les députés ont également adopté par 240 voix contre 194 un amendement proposé par un groupe de démocrates anti-avortement, visant à renforcer l'interdiction de l'utilisation de fonds publics pour les avortements, une mesure appréciée côté républicain. La querelle sur l'IVG, a failli coûter cher à la majorité qui jusque très tard dans la journée de samedi n'avait pas la certitude d'avoir les 218 voix sur 435 nécessaires à l'adoption du texte.

Devant les parlementaires, la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi a déclaré en s'adressant aux Américains: "Ce projet de loi vous donne, à vous et à votre docteur, le contrôle de votre santé, les compagnies d'assurances ne se trouveront plus en travers du chemin". Cette réforme est attendue depuis une centaine d'années, a souligné Mme Pelosi qui a cité les premières initiatives du président Theodore Roosevelt.

Jusqu'au bout, l'opposition républicaine n'a pas désarmé. Pour le chef de la minorité républicaine, John Boehner, le projet de loi "va coûter plus de 1,3 millions de dollars et il va tuer des millions d'emplois (...), il va augmenter les impôts, il va faire grimper les primes d'assurances".

Le texte devrait rencontrer davantage de résistance au Sénat où le chef de la majorité Harry Reid a laissé entendre que le vote final pourrait attendre 2010.