Fillon revoit la croissance à la hausse

G. G. avec AFP

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La crise n'est peut-être "pas finie", mais l'économie française va mieux que prévu, a estimé François Fillon. Le Premier ministre a revu à la hausse, jeudi 17 septembre, les prévisions de croissance pour 2009 à -2,25% au lieu de 3%, et pour 2010 à +0,75% au lieu de +0,5%. Ces révisions à la hausse suivent d'une semaine les nouvelles estimations de la croissance mondiale, elles aussi plus optimistes, du Fonds monétaire international.

"La crise n'est pas finie. La crise ne sera terminée que le jour où le chômage commencera à baisser. Mais nous avons un paysage qui évolue positivement. La reprise se dessine, elle est fragile, mais je crois qu'elle est en germe", a déclaré le Premier ministre à Matignon devant des créateurs d'entreprise.

Mouvement "modeste"

"Nous allons d'ailleurs réviser nos prévisions d'activité à la suite du rebond constaté au deuxième trimestre. Depuis deux ans, à chaque fois que nous avons révisé nos prévisions d'activité, c'était à la baisse. Cette fois-ci, on va les réviser à la hausse", a-t-il souligné.

"Le mouvement qui s'amorce est encore bien modeste, mais c'est un signal encourageant. Tout l'enjeu sera pour nous de saisir la croissance au bon moment et dans des conditions maximales", a également affirmé le Premier ministre.

Les efforts payent

"Le plan de relance, les efforts qu'on a engagés depuis un an payent, et ça paye d'autant mieux qu'on l'a fait vite", a estimé la ministre de l'Economie Christine Lagarde sur LCI. La France "fait deux fois mieux que la moyenne de la zone euro", a-t-elle relevé, selon les prévisions actualisées publiées par la Commission européenne. D'après la Commission, le PIB de la France chuterait de 2,1% cette année contre une baisse de 4,0% en moyenne dans la zone euro.

Pour créer des emplois et donc sortir de la crise, l'économie française a besoin d'environ 1,5% de croissance, a estimé Christine Lagarde. Après quatre trimestres de croissance négative, l'économie française est sortie de la récession au deuxième trimestre avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,3%. La semaine dernière, Christine Lagarde avait dit s'attendre également à un "chiffre positif" au troisième trimestre.

Destructions d'emplois

Lors des trois premiers mois de 2009, l'économie française avait détruit près de deux fois plus d'emplois salariés (-168.300 dans les secteurs principalement marchands) que sur tout 2008, un record historique.

Selon les dernières prévisions de l'Insee, le taux de chômage devrait dépasser le seuil symbolique de 10% de la population active à la fin 2009.