George Bush veut protéger le système capitaliste

E24 avec AFP

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Protéger le capitalisme. Le président américain George W. Bush a assigné, jeudi 13 novembre, comme objectif au sommet de dirigeants internationaux ce week-end de jeter les bases de futures réformes du système financier, mais s'est opposé ardemment à toute remise en cause fondamentale du système capitaliste.

Principes

A la veille de l'arrivée à Washington des chefs d'Etat et de gouvernement des pays industrialisés et des économies émergentes, pour un sommet destiné à faire face à la crise financière, le président Bush a signifié dans un discours à New York que cette réunion inédite devrait surtout produire les principes de réformes ultérieures du système et de ses règles. Il n'a rien dit qui infirme que toute réforme incombera en fait à son successeur Barack Obama, lorsqu'il prendra sa succession le 20 janvier. Entre un président sortant qui peut difficilement engager son successeur et un président élu qui a peu d'intérêt à être associé à un prédécesseur impopulaire, cette période de transition aux Etats-Unis restreint les perspectives du sommet, malgré les exigences de résultats concrets de certains participants.

Bases

Les dirigeants du G20, un groupe formé dans les années 90 face à la dernière grande crise financière (en Asie), sont d'accord sur un "objectif clair: répondre à la crise actuelle et jeter les bases de réformes pour empêcher qu'une telle crise ne se reproduise à l'avenir", a dit George W. Bush. Ils devraient "lancer un plan d'action spécifique pour appliquer ces principes", a-t-il ajouté. Il a souligné que cette réunion n'était que la première d'une série, sans dire quand aurait lieu la suivante. Les dirigeants chargeront leurs ministres d'élaborer des recommandations en vue des prochaines réunions, a-t-il précisé.

George W. Bush a dénoncé des "règles obsolètes" et des "pratiques médiocres de gestion du risque", et tracé des pistes. Il a parlé de la nécessité de veiller à ce que le système financier, dont les dérèglements sont pour beaucoup dans la crise économique actuelle, ait la régulation adéquate. Il a affirmé la nécessité de combattre l'opacité et les malversations sur les marchés, d'améliorer les règles comptables sur les titres, au niveau de chaque pays. L'administration Bush est hostile à l'instauration d'une autorité régulatrice mondiale. Mais George W. Bush a prôné une coopération internationale accrue entre les autorités financières. Il a préconisé la réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Les économies émergentes doivent avoir davantage voix aux décisions de ces institutions, a-t-il dit.

Du temps

George W. Bush a cependant prévenu qu'il faudrait du temps pour que les réformes à venir ainsi que les mesures déjà prises produisent tout leur effet. "Nous avons des jours difficiles devant nous", a-t-il dit, alors que l'économie américaine essuie tous les jours de mauvaises nouvelles. Alors que l'OCDE prévoit désormais une récession aux Etats-Unis, au Japon et dans la zone euro en 2009, George W. Bush s'est cependant élevé contre un interventionnisme exagéré et une remise en cause fondamentale du système. "Nous devons reconnaître que l'intervention gouvernementale n'est pas un remède universel", a-t-il dit.

Il en a profité pour refuser que les Etats-Unis supportent toute la responsabilité de la crise, relevant que de nombreux pays européens, avec des réglementations plus étendues, avaient eu les mêmes problèmes. Et "cette crise n'est pas l'échec de l'économie de marché. Et la réponse n'est pas de réinventer ce système", a-t-il dit. Le capitalisme n'est "pas parfait", mais il est "de loin le moyen le plus efficace et le plus juste de structurer l'économie", a dit George W. Bush, qui avait choisi de s'exprimer à New York. C'est là que le président français Nicolas Sarkozy voulait voir se tenir le sommet du G20 car c'est là que tout a commencé selon lui. "Cette ville a été et sera toujours la capitale financière du monde", a lancé le président américain.