Comment réduire le déficit public?

Elsa Meyer

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La nécessité de réduire les déficits publics fait l'unanimité parmi les Etats membres de l'Union européenne. Sur le calendrier, en revanche, les avis divergent. Le 20 octobre dernier, les ministres des Finances de l'UE se sont mis d'accord pour une politique de rigueur budgétaire en 2011, uniquement si la reprise économique se confirme.

Avec 140 milliards d'euros de déficit pour l'Etat, dont 23 milliards d'euros pour la sécurité sociale, en 2009, les députés français aimeraient bien commencer dès 2010. Ils examinent en ce moment le projet de loi de finances (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et cherchent le moyen de faire des économies.

Augmentation des taux de prélèvements sur les stock-options et les retraites "chapeau", diminution des avantages fiscaux pour les sportifs, hausse des prix du tabac: tout est bon pour ramener un peu d'argent dans les caisses publiques.

Une équation compliquée

Mais l'équation reste compliquée. Le gouvernement et les parlementaires souhaitent combler le déficit mais ne veulent pas "rajouter du malheur au malheur" en pleine période de crise pour les Français, expliquait le rapporteur du PLFSS Yves Bur le 20 octobre dernier lors d'une conférence sur le budget de la Sécu.

L'Etat doit continuer d'assurer une politique de solidarité sociale tout en relançant l'emploi et la croissance. Tout cela coûte cher, d'autant plus que Nicolas Sarkozy refuse toute hausse impopulaire de la fiscalité.

Pour combler les déficits publics, il n'existe cependant que deux solutions: diminuer les dépenses de fonctionnement, d'investissement ou d'intervention; et augmenter les recettes.

Diminuer les dépenses

La première politique est indispensable mais insuffisante, comme le précise le rapport du sénateur Philippe Marini sur les prélèvements obligatoires. Entre la charge de la dette, les rémunérations et les pensions, il estime que 52 % des dépenses sont incompressibles pour 2010.

Ces-dernières devraient en outre augmenter dans les années qui viennent avec le vieillissement de la population. Selon les chiffres de la Commission européenne pour la période 2004-2050, les dépenses pour les retraites, la santé et la dépendance connaîtront respectivement une hausse de 2%, 1,8% et 0,2% en France.

Augmenter les recettes

Pour combler le déficit, augmenter les recettes s'annonce donc indispensable. Le gouvernement compte aujourd'hui principalement sur la relance de la croissance pour ramener de l'argent dans les caisses de l'Etat.

D'autres solutions sont également possibles. A côté de la

chasse aux niches fiscales et sociales
, plusieurs députés de gauche, comme de droite, souhaitent ainsi élargir l'assiette de certains prélèvements obligatoires. Par exemple en excluant du bouclier fiscal la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Certains sont même plus radicaux: Philippe Marini milite, à moyen terme, pour une augmentation des prélèvements obligatoires.

Le gouvernement y est cependant farouchement opposé et préfère, pour l'instant remettre à plus tard une réforme d'envergure de la fiscalité française. D'ici là, les comptes publics devraient encore un peu plus s'enfoncer.