Le plan média de Jérôme Kerviel

E24 avec AFP

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Jérôme Kerviel parle. Après

son interview diffusée sur RTL
vendredi 6 février, le trader a accordé son premier entretien télévisé à TF1, dimanche 8 février, dans l'émission "Sept à huit". Mis en examen pour des falsifications ayant fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société Générale, Jérôme Kerviel a expliqué qu'il se battrait "jusqu'au bout pour que la vérité soit faite" sur cette affaire.

"Mon père m'a transmis quelque chose qui est son nom de famille. Il a été sali pendant un an et je me battrai jusqu'au bout pour que la vérité soit faite", a expliqué le trader qui a réaffirmé que la Société Générale était au courant de ses énormes prises de position sur les marchés. "Ma vérité c'est: j'ai fait cela, mais si j'ai pu le faire, c'est qu'on m'a laissé faire", a résumé le trader. "Mes chefs me voyaient prendre mes positions. Cela m'arrivait de faire tourner 10 milliards d'euros sur une journée et tout le monde m'entendait, me voyait", a-t-il notamment affirmé.

Au début de l'entretien, l'homme de 32 ans, vêtu d'une chemise claire, d'un pull et d'un jean, a expliqué pour sa première intervention télévisée que cela lui coûtait de parler, qu'il n'était pas naturel pour lui de s'exprimer avant de se montrer offensif en contestant la version de la Société Générale et le déroulement de l'enquête judiciaire. Le trader a notamment remis en cause le montant de la perte de 4,9 milliards d'euros que lui attribue la banque. "J'ai déjà un problème sur ce montant. Aucune preuve n'a été apportée que ce chiffre correspond à ce qui a été perdu sur mes positions. C'est que les dires de la Société Générale qui valident ce chiffre", a-t-il dit.

"Je n'ai pas falsifié les comptes. Il y a eu des opérations fictives pour cacher des chiffres mais ce sont des pratiques dans la banque et ce n'est pas moi qui les ai inventées", a-t-il ajouté. "Au début de l'affaire, lors de ma garde à vue, j'ai reconnu mes erreurs. Depuis, je n'ai pas changé de version des faits. Je pensais sincèrement qu'en expliquant à la brigade financière et au juge d'instruction où aller chercher, je pensais qu'ils iraient pour faire la vérité", a dit le trader. Mais, dit-il, "je me suis rendu compte qu'ils n'avaient pas envie d'y aller. Et à un certain stade, je me suis dit 'je suis en train de sauver ma peau'."

Pour les magistrats
, le trader a fait preuve "d'ingéniosité" pour profiter de défauts de contrôle de la banque qui ont été pointés par plusieurs rapports dont celui de la commission bancaire, organisme de tutelle des banques. Interrogé sur le mobile de ses actes, Kerviel a expliqué qu'il avait "pensé bien faire", qu'il avait agi comme "un petit soldat (...) pour faire gagner de l'argent à la banque".

La vidéo de l'interview


Jérôme Kerviel, première interview télévisée !
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Envoyé par sept-a-huit sur wat.tv