GM doit trouver rapidement un repreneur pour Saab

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General Motors n'a aucune difficulté à trouver des repreneurs pour sa marque Saab. Cette affirmation du constructeur américain ne balaie pourtant pas les doutes des observateurs. "Cela me surprendrait beaucoup que des repreneurs se bousculent pour racheter la marque suédoise", assure un analyste. D'ailleurs, pourquoi le feraient-ils? Saab est un petit constructeur, avec 200 à 300.000 unités, ses ventes sont en chute libre sur le marché américain, et le groupe enregistre vraisemblablement des pertes. "Je ne vois pas un Renault, un PSA, un Volkswagen ou encore un Daimler, reprendre un business pareil", estime un observateur. "Un groupe chinois aurait pu éventuellement s'y intéresser il y a 6 mois, mais plus maintenant".

Pas en pleine crise de l'automobile. Les derniers mois de 2008 ont été catastrophiques pour les constructeurs. Si certains groupes, à l'instar de PSA ou de Renault, ont pu limiter la casse grâce à un bon début d'année, 2009 va être plus complexe. La période est donc peu propice au shopping, même si avec la baisse des cours les prix sont attractifs. L'accession aux liquidités reste toujours difficile, et se lancer dans le rachat d'un groupe en mauvaise santé n'est pas une option judicieuse aujourd'hui. Surtout sur un secteur en pleine mutation.

D'autant que les fusions et acquisitions dans l'automobile n'ont jamais été vraiment concluantes. En 1999, Ford a racheté Land Rover et Jaguar, deux constructeurs qu'il s'empressent de revendre à Tata fin 2007, pour un milliard de dollars selon des estimations. "Tata s'est acheté une carte de visite, mais a du mal à financer les deux aujourd'hui", explique un analyste. De même, le mariage de Daimler et Chrysler s'est soldé par un échec neuf ans après leur union. Le fonds Cerberus qui a racheté Chrysler fin 2007 pense déjà à le revendre depuis fin 2008.

Pour la vente de Saab, la direction de General Motors veut être rassurante: "nous sommes encore au début de la procédure. Cela va prendre du temps". Du temps? Ce dont manque le plus GM. Les 9,4 milliards de dollars que le gouvernement fédéral va lui prêter ne feront qu'un temps. D'ici à mars 2009, il doit présenter son plan de restructuration sous peine de devoir rendre l'argent prêté.

C'est donc dans l'urgence que GM doit se délester de ses poids morts. Saab en fait partie. "Si GM n'arrive pas à vendre Saab, il pourrait décider de la tuer", avance un analyste. Une option qui est toutefois difficilement envisageable compte tenu de l'impact social que cela engendrerait en Suède. GM n'a donc plus qu'à attendre un repreneur.

Pendant ce temps, GM doit continuer la revue stratégique de ses autres marques. Il pourrait être amené à arrêter des marques, comme Pontiac ou encore Saturn. Reste aussi l'interrogation sur Hummer. Ces énormes 4X4, gros consommateurs de carburant, très polluant, qui n'ont plus du tout la cote aux Etats-Unis. "GM est en train d'orchestrée sa propre implosion", regrette un expert. Certes, mais c'est peut-être le prix à payer pour rester l'un des Big Three des Etats-Unis, aux côtés de Ford et surtout de Chrysler dont la mort est déjà programmé par les analystes.

La situation est critique pour General Motors. Preuve en est, sa décision, désespérée diront certains, pour renflouer ses caisses: il revend sa collection de voitures historiques.