Fusion entre Orange et Deutsche Telekom au Royaume-Uni

T.V avec AFP

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Deutsche Telekom et France Télécom se sont mis d'accord, lundi 7 septembre, pour fusionner leurs filiales au Royaume-Uni, et créer ainsi le premier opérateur de ce pays avec 37% de part de marché (28,4 millions de clients) devant l'actuel O2 (27,7%) et Vodafone (24,7%), ont annoncé les deux sociétés. A 11H10, France Télécom s'appréciait de 2,84% à 18,64 euros, dans un marché en hausse de 0,35%.

Le directeur financier de France Télécom Gervais Pellissier s'est félicité mardi de devenir "un solide numéro un" dans la téléphonie mobile au Royaume-Uni grâce à la fusion de sa filiale avec celle de Deutsche Telekom, T-Mobile. "Nous devenons numéro un et un solide numéro un", a-t-il déclaré sur BFM, rappelant les spécificités du marché britannique: "le Royaume-Uni, c'est le seul grand marché européen avec cinq gros opérateurs, c'est le marché le plus difficile pour continuer à investir et à développer ses réseaux".

La coentreprise sera détenue à 50% par les deux groupes qui y apportent Orange UK pour le français et T-Mobile UK pour l'allemand.

Deutsche Telekom ne souhaitait pas supporter seul la restructuration de sa filiale britannique
dont la situation financière est mauvaise. Selon la presse britannique, l'opérateur allemand avait reçu des offres d'achat de sa filiale de la part des principaux opérateurs du Royaume-Uni, O2 et Vodafone, d'environ 3,5 à 4 milliards de livres. La nouvelle société aura 30 millions de clients et un chiffre d'affaires proche de 10 milliards d'euros, affirment Les Echos dans son édition de mardi.

"Le rapprochement de nos activités nous est apparu la chose la plus naturelle", a expliqué M. Pellissier. France Télécom jugeait notamment que le taux de rentabilité de sa filiale britannique n'était "pas très satisfaisant si on compare à la rentabilité des opérations mobiles dans les autres grands pays européens". Avec Deutsche Telekom, "nous ne sommes pas en concurrence directe chacun sur nos marchés domestiques ce qui nous met dans un climat de coopération plus facile", a souligné M. Pellissier.

Pas de cash déboursé

Avec cette opération, "Orange reprend l'avantage sur Telefonica et Vodafone au Royaume Uni, et par la même occasion contribue à desserrer l'étau concurrentiel sur le marché britannique", estiment les analystes de CM-CIC Securities. Ils soulignent que France Télécom ne déboursera pas de cash.

France Télécom "va clairement devoir, pendant un certain temps traîner un boulet qui risque d'être onéreux", ajoutent les analystes de la maison de courtage Aurel. L'intégration des deux sociétés présente les risques inhérents et habituels, et il va falloir gérer une joint venture avec un partenaire qui a aussi ses habitudes et un ego", selon les analystes d'Aurel. "Enfin il va bien falloir que la marque T-Mobile UK disparaisse, ce qui risque de faire perdre de nombreux clients", estiment-ils.

Lors d'une conférence de presse mardi matin, les deux groupes ont indiqué que leur filiale garderont leurs marques respectives pendant au moins 18 mois, afin d'"atténuer l'évaporation de la base d'abonnés"

L'opération reste soumise au feu vert des organes de surveillance des deux groupes et des autorités de concurrence. La signature du contrat est prévue pour la fin octobre. Deutsche Telekom cherchait depuis de longs mois une solution pour sa filiale britannique, dont la situation financière est mauvaise et dont il ne souhaitait pas supporter seul la restructuration.