Quel sera le plan français au G20?

Thibaud Vadjoux

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Pour de nombreux commentateurs, le G20 de Pittsburg qui se déroulera jeudi et vendredi 25 septembre, est le dernier grand test pour mesurer la capacité des chefs d'Etat à contraindre la planète finance à plus de régulation.

La position française se focalisera sur la négociation de trois points: l'encadrement des bonus, la lutte contre les paradis fiscaux et l'harmonisation des règles comptables, a affirmé ce matin, Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances, lors d'une conférence de presse organisée à Paris par l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef)."C'est à partir de ces indicateurs que l'on pourra mesurer la détermination collective pour changer les choses", a expliqué la ministre.

Agenda commun

Pour Christine Lagarde tout n'est donc pas joué d'avance. La ministre a souligné "que le travail de rédaction et de raffinement des communiqués finaux du G20 devrait s'achever vendredi". Il reste donc une place pour remplir les éléments manquants. "Tous les pays du G20 ont le même agenda", a déclaré Christine Lagarde mais "chacun voit midi à sa porte et ne classe pas les priorités dans le même ordre".

"Un travail de dentelle" devra être réalisé sur chacun des dossiers dont ceux jugés prioritaires pour la France.

Marges de mannoeuvre

La question des bonus qui a connu des revirements successifs, concernera finalement les moyens d'un encadrement et non plus d'un plafonnement de ces rémunérations variables. La France veut faire passer ses idées sur un étalement du versement des bonus dans le temps, sur une mise en réserve des bonus sous forme d'actions et sur une corrélation plus claire entre le montant des bonus et les résultats de la banque et des opérateurs de marché concernés.

Sur les paradis fiscaux, Christine Lagarde a indiqué que dans un premier temps, les discussions porteraient sur le principe des sanctions à appliquer aux agents utilisant les centres offshore et sur un calendrier. Nicolas Sarkozy proposera leur mise en place en mars 2010.

Enfin, à propos des normes comptables, les pays du G20 devront s'accorder sur une convergence des normes européennes (IFRS) et américaines (US GAAP).

Christine Lagarde a rappelé sa détermination, citant l'exemple des paradis fiscaux sur lesquels "Nicolas Sarkozy a pu obtenir des changements en faisant pression". "Je suis convaincue que nous sommes en train de changer les choses. ", a-t-elle assuré. Néanmoins, la ministre n'a pas réaffirmé comme l'avait dit l'Elysée que le chef de l'Etat serait prêt à quitter la table des négociations si un mauvais accord devait sortir du G20. Une menace déjà brandie par le président à la veille du G20 de Londres, le 2 avril, mais qui n'avait pas été mise à éxécution.