Réchauffement climatique: l'UE propose une aide au Sud

E24 avec AFP

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Les pays pauvres seront plus exposés aux risques et conséquences du réchauffement climatique. Pourtant, les pays riches, les plus gros pollueurs, ont plus de responsabilités dans le réchauffement climatique. L'UE réfléchit à une aide spécifique pour réparer cette injustice.

A la conférence internationale de Copenhague sur le climat (du 7 au 18 décembre), les négociations entre pays riches et pauvres doivent déboucher sur un accord climatique au-delà de 2012 après l'expiration du protocole de Kyoto. La Commission européenne estime que les pays pauvres ont besoin de 100 milliards d'euros par an à l'horizon 2020 pour lutter contre le changement climatique, a-t-on appris lundi de source européenne.

Ce chiffrage fait partie d'un document encore provisoire qui doit être présenté jeudi par la Commission. Il servira de base aux 27 pays européens pour trouver une position commune de négociation de l'UE lors de la conférence de Copenhague. L'aide aux pays pauvres doit être composée en partie par des fonds publics des pays riches, compris dans une fourchette allant "de 22 à 50 milliards d'euros" par an, préconise la Commission, selon une source européenne. Le marché international du carbone devrait en outre y contribuer à hauteur de 38 milliards d'euros en 2020, juge Bruxelles.

S'ajoute à ces deux composantes clefs, les efforts publics et privés que devront fournir les pays en développement. Ce chiffre, pas forcément précisé dans le document, pourrait être de l'ordre de 30 milliards d'euros par an, selon un expert. L'aide aux pays pauvres doit progressivement monter en puissance de 2013 à 2020, précise-t-on encore de source européenne.

La Commission européenne aimerait aussi avancer un chiffre précis sur la contribution spécifique de l'UE, mais certaines capitales souhaitent être davantage consultées avant une telle évaluation.

La position finale des 27 pays européens doit être tranchée lors d'un sommet des chefs d'Etat en octobre. Ils donneront alors un mandat de négociation précis, plus ou moins détaillé, à la présidence suédoise de l'UE. La Pologne souhaite ouvrir avant Copenhague la délicate question de la répartition entre les 27 pays européens de cette aide aux pays pauvres. Mais d'autres pays sont d'avis que de tels marchandages avant Copenhague, très liés au prochain budget de l'UE, donneraient une impression de cacophonie.