Les pistes de Christian Estrosi pour l'Industrie

E.M avec AFP

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Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a ouvert ce jeudi les Etats généraux de l'Industrie. Plusieurs propositions ont été évoquées pour redynamiser un secteur en crise depuis plusieurs années.

Prime à la relocalisation

L'une des premières suggestions de Christian Estrosi a été d'instaurer une prime pour les industriels qui relocaliseront en France des activités de production ou de recherche.

"Je propose que l'on étudie les moyens financiers et fiscaux pour aider à la relocalisation de la production et des moyens de R&D", a déclaré M. Estrosi dans son discours devant des représentants du secteur industriel et des partenaires sociaux.

"Cela pourrait prendre la forme, par exemple, de primes à la relocalisation financées par l'Etat variables en fonction des montants d'investissement et du volume d'emplois recréés", a-t-il détaillé, citant l'exemple du sous-traitant automobile Gantois qui a décidé de ramener des activités de Roumanie vers les Vosges.

Cette piste ne réglera cependant pas à elle toute seule les problèmes de compétitivité de l'activité industrielle française. "Ce n'est pas parce que l'on va donner une prime que nos industries du textile vont se mettre à relocaliser, il faudrait alléger considérablement les charges sociales pour que la production en France redevienne compétitive", a ainsi commenté Claude Miserey, vice-président de l'Union française des industries de l'habillement (UFIH).

Entreprises coopératives

Christian Estrosi a également proposé, pour les entreprises de moins de 100 personnes, de développer "un modèle d'entreprise coopérative dans lequel les salariés auraient la majorité du capital". Pour le ministre en effet, "le statut de co-entrepreneur ajoute une motivation supplémentaire au travail des salariés. Il les implique dans la performance économique de long terme".

Crédit impôt innovation

Le ministre a ensuite évoqué de nouveau la piste d'un "crédit impôt innovation", en complément de l'actuel crédit impôt recherche (CIR). L'objectif serait d'aider l'entreprise innovante au-delà du dépôt de brevet, jusqu'au lancement de la production.

"Ce nouveau dispositif aura l'avantage de couvrir des dépenses que les entreprises (...) considèrent souvent comme des dépenses de R&D mais qui ne sont pas prises en compte par le CIR", a-t-il ajouté.

Prêts verts

Dernière suggestion du ministre enfin, l'instauration "de prêts verts bonifiés au profit de l'investissement dans les processus industriels les plus respectueux de l'environnement".